mardi, février 28, 2006

Razoumikhine

Comme si cela ne suffisait pas. Cache-cache lapins dans les chapeaux téléphoniques silence silence la bête se fait attendre gévaudan de la grotte cachée des échos pour applanir recouvrir les sons étouffés la belle. Musique musique en boucle en boucle rassasier les oreilles fourbues et les cerveaux qui ne fonctionnent plus.

"Un jour au cirque, un autre à chercher à te plaire, dresseur de loups, dynamiteur d'aqueduc".

La personne qui prend ça comme programme, je vote pour elle.

S'engager dans une sorte de légion étrangère. C'est fou, comme principe. Partir et se voir, effacé, son passé. Lavées, les mains, et tous les fardeaux delestés. En principe. Pour mieux pouvoir frapper - juste, cette fois-ci. C'est fou, comme principe, je trouve. C'est fou que cela soit ainsi, institutionnalisé. Une idée parmi d'autres.

Fantômes, fantôme, qui vivez autour de nous, un peu d'indulgence, pour les hérétiques.

Je suis heureuse, ces temps-ci.
Juste ce ciel gris. Et encore, il me berce, parfois. M'entoure, comme une serviette crado que les enfants s'entêtent à vouloir garder tout près d'eux. Pour se rassurer. Non, cette serviette, elle sera toujours là. Un ciel gris comme un doudou, en somme.

Avoir dans les bottes des montagnes de questions. Belle formule.

Razoumikhine! Que je l'aime, ce gros bêta, quand il tombe amoureux de la soeur de Raskolnikov! Il est trop drôle! A s'effaroucher d'un rien, à empoigner ses amis pour une vétille, à rougir comme une jeune fille! Et puis, surtout, brutal et insolent, avec ça! Car bourré comme un coin! Admirable. J'aime beaucoup. Et puis, très très belle description de la soeur. J'aime bien, ces temps-ci, lire des mots dans lesquels on sent l'affection de l'auteur. En gros, je trouve les jolies descriptions très très touchantes.

Bon, je m'en vais arrêter.

Bonne...

lundi, février 27, 2006

Bobun


Fermés, les volets, en pleine journée, profiter de cette petite obscurité pour yeux fatigués il faut savoir se reposer. Une chanson calme, et surtout, rassurante, qui ne dit ni la joie ni la tristesse - surtout, surtout, qui tait la fin de l'histoire. Une chanson qui tait volontairement la fin de l'histoire. C'est agréable. Cela permet de tout comprendre, le soleil qui poind ce matin par endroits malgré le ciel gris et bas, ce soleil auquel on ne croit même pas, pas tout à fait, en tous cas.

Hier soir, mangé dans un resto vietnamien, trop marrant, le type. Il est assez jeune, un peu fort, avec une tête trop sympa qui attire la sympathie - ça tombe bien, mais mais pas sous le sens - des cheveux longs en queue de cheval, l'air trop à jouer en réseau toute la journée avant que de devoir aider sa mère le soir dans l'entreprise familiale. Et puis surtout, le truc drôle, c'est qu'il engueule un peu les clients. Style sur notre table, les plats qui se bousculent un peu parce qu'on voulait tout plus ou moins au milieu (on partageait), et lui, qui sait plus où les mettre, "parce que là, quand même, ça fait bizarre". Il ne fut pas tranquille jusqu'à ce qu'il trouve un agencement lui convenant. Et puis, aux clients de la table derrière nous, "non! il faut pas encore mettre, mélanger les pâtes! sinon, ça va...". Bref, dit comme ça, cela peut ne pas être drôle ou surprenant, j'en conviens. Mais si! Sur le coup, trop étonnant. Et agréable.

Ce matin, rendez-vous sacro-saint avec mon petit chéri de directeur de mémoire. Il est trop cool, serious. Trop drôle, il avait peur que je ne m'habille en jean pourrave pour mes entretiens avec des pontes... je lui ai répondu l'air faussement piqué que je savais avoir un peu de tenue, sur quoi il me répondit qu'il n'en doutait pas mais bon voilà, il avait un doctorant qui passait systématiquement le voir avant chaque entretien pour qu'il lui fasse un noeud de cravate. Il m'a demandé du coup en souriant si moi, j'en avais besoin aussi. J'ai répondu que non. De toutes manières, moi, je sais les faire, les noeuds de cravate... Si c'est pas un papa...

Petite pause avant que de reprendre mes activités. Non. Aujourd'hui, à part deux trois coups de fil, je pourrais m'accorder une pause. Lire. Oui, je pense que je vais faire ça.

Bonne journée

samedi, février 25, 2006

De retour

De retour, les idées remises au plus clair de son temps dans un mouchoir de poche que l'on déplie parfois à tort ou à raison. De retour, ce matin au dehors le sourire fatigué ça y est c'est fait un peu sortie coquille de tout ce concentré terrifié. De retour, ce matin le sourire qui n'attend plus. De retour, les idées remises du temps clair déplié. De retour, de retour, il faut s'en aller commencer, commencer la journée et son flot d'activités, commencer la journée, de retour, les idées dans un mouchoir et le sourire déplié du temps clair.

Bon, tout cela pour dire que je m'en vais reprendre mes droits, maintenant.

vendredi, février 24, 2006

Attention! - les jeux sont faits

Perdre la boule, qui roule, qui roule, perdre la boule la chance qui roule qui roule et soule les foules refoulées à l'entrée de ce temple oublié alcoolisé enlisé lisez le manifestez vous voulez vous vous présenter à l'entrée à l'entrée de ce temple oublié contemplé peuplé de peupliers pliés en quatre à carpates carapatés de foi de foies mangés gérés répétés terrassés rassérénés nébuleuses bleuies par les temps qui courent qui courent à l'ombre de leur course montrée du doigt pourtant montré du doigt c'est là qu'il ne faut pas regarder parce que c'est là que les ombres se cachent les nébuleuses bleuies.

Perdre la boule, qui roule, qui roule, perdre la boule la chance et le change d'inimitié monnaie courante et courant février se lasser.

Perdre la boule, qui roule, qui roule, perdre la boule et la chance de se lasser du temple oublié des peupliers terrassés par la foi bleuie par les nébuleuses.

Perdre la boule et le peuplier, rassérénée jamais à l'ombre d'un ormeau ou d'une flamme contemplée qui roule, qui roule et soule les manifestes faits pour s'envoler le boulet au pied.

Perdre la boule et se souler, pour perdre de vue l'impératif de l'oubli du temple et du peuplier peuplé de mille chances, perdre la boule et se souler pour regarder dans les yeux les nébuleuses bleuies au matin petit bonheur la chance perdue à l'orée du chemin contemplé la fin si ce n'est le moyen menant à elle putain au service des vendeurs de tapis.

Perdre la boule, perdre la boule, au jeu, qui ne compte plus, au jeu qui est fait, depuis longtemps il est fait et il demeure immobile alors que la boule, elle, est perdue à tourner comme ça sans s'arrêter depuis longtemps elle aurait du rentrer mais elle a oublié, certainement, l'odeur des chants d'antan, et celle, plus loin, des sourires pour cacher l'océan. Perdre la boule tout en le sachant, c'est ne pas perdre la boule, finalement, finalement, la retrouver, intacte, alors qu'on l'aurait voulu défigurée, la boule, la boule qui tourne et tourne en avant les marionnettes et les matins chantants à mesure que le fleuve se retire et laisse place aux cadavres des gestes avortés sous le roulis de l'assassine marée.

Je déblatère, je déblatère, à n'en plus finir de me marrer, de ce jeu de mots d'un vendredi soir noir, oui, il fait noir au devant, au devant de moi il fait noir et rien de plus ni de moins que noir, tout simplement. Alors il faut accepter le soleil qui tourne et les vents aussi et les marées qui tuent, trois pas en avant, le double en arrière, pareil pour les vents qui soufflent toujours plus forts dans le dos, quand on s'entête à reculer.

Perdre la boule comme un jeu de mots pour s'amuser, jusqu'où aller, jusqu'où aller, dans ce ridicule jeu de pieds à se marcher dessus. Marcher sur la pointe des pieds, oui, cela, il le faudrait, marcher sur la pointe des pieds, pour ne pas réveiller la nébuleuse des temples bleuis cachés oubliés par les manifestes de peupliers durs comme une boule qui n'en finit plus de tourner.

Je suis désolée pour ces mots insensés, mais il apparaît que mes doigts n'en font qu'à leur guise, ce soir, déliés qu'ils sont sur cet espace du clavier.
Battre la campagne, à la recherche de la vitesse, chasseur de tête et de fautes d'orthographes et de mots introuvables c'est mieux ainsi le chercheur d'or ne connaîtra jamais le chômage même si sa quête est veine il le sait et puis il faut partir pour cela non on ne peut pas rester ici il faut partir se trouver une terre inexplorée et y planter une maison cachée au regard des souvenirs impromptus. Des fantômes, des fantômes! - quelqu'un a dit qu'il fallait vivre avec la certitude qu'il existe des fantômes. Je ne sais pas. J'ai toujours, malgré moi et les enseignements de l'histoire qu'on ne tire jamais, cru qu'il s'agissait de leur régler leur compte, à ces salauds. Et bien non. Peut-être faut-il les intégrer dans nos petites certitudes à la petite semaine - j'ai faim, pas toi? Ah non, je viens de voir passer un fantôme - ok, ça roule, tu mangeras après je t'en laisse une part. Ok. Ridicule, a priori, mais pourquoi pas.

Dragons

Je fonds. Je deviens toute petite, alors que je me cache, chez moi. Je me cache et je bois, de l'eau de vie non pas du tout cela serait au contraire de toutes mes velléités ces temps-ci car je n'en ai pas de velléités thé théière cassée cas sera un jour ? Je ne sais. Ruer dans les brancards par soi seul élevés, simuler la résistance, l'éminent ennemi imminent, nous bravant, le fils de chien, lui crier dessus, pour nous faire peur de notre propre force, je ne pensais pas, en avoir autant, lui crier dessus sous la douche et dans les couloirs sans fond de cet appartement. Crier de par le monde et brandir les armes, brandir les armes, pour les relacher aussitot, brandir les armes, pour sentir qu'elles sont bien trop lourdes, pourtant. Brandir les armes comme s'il fallait prouver le ridicule de la guerre, dont tout le monde sauf les soldats de plomb ignore les raisons. Se faire de plomb pour le fondre, parfois, à l'orée du montagne devant laquelle on ne cesse de reculer. Il est en effet des murs qu'il vaut mieux chercher à contourner, plutôt que de les vouloir surmonter, monstres risibles de témérité. Oui, des fois il faut savoir être lâche, me semble-t-il ces jours, être lâche, pour mieux supporter certains rayons trop drus de soleil ou de lucidité. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Par ailleurs, j'ai définitivement tiré un trait sur l'une de mes résolutions - tiré, le trait, la rayure sur le parquet, les ongles dans la peau et les dents aiguisées. Voilà pour les nouvelles, du front, du front, non du mien, non, le mien, est, comme chacun sait, blême - oui, je suis pâle. Et alors? Bref. J'en ai le droit, surtout si je ne l'ai pas décidé. Mais peu importe, je m'embarque dans des explications sans queue ni tête - des dragons, des dragons sous ma fenêtre, qui se taisent, les insolents, alors que chacun que redoute et espère, pourtant, l'incendit des mots tremblants. La salvation par le feu, brûler, brûler, les hérétiques et les sorcières, pour qu'il ne reste plus rien. Brûler les feuilles mortes, combustible pratique, les brûler, les sales feuilles qui rappellent les temps passés. En faire des feux de forêts, si besoin est, en faire des feux de forêts.

Reconnaître son visage

Le vieil homme.

Moi qui n'ai jamais pu me faire à mon visage
[...]

Quand ce qui fut malheur ou bonheur se nomme hier
Pourtant l'étoile brille encore et le coeur bat
Pourtant quand je croyais cette fièvre première

Apaisée à la fin comme un vent qui tomba
Quand je croyais le trouble aboli le vertige
Oublié l'air ancien balbutié trop bas

Que l'écho le répète au loin
Voyons que dis-je
Déjà je perds le fil ténu de ma pensée
Insensible déjà seul et sourd aux prodiges

Quand je croyais le seuil de l'ombre outrepassé
Le frisson d'autrefois revient dans mon absence
Et comme d'une main mon front est caressé

Le jour au plus profond de moi reprend naissance.

........................................................... ..............................................

Je l'écris parce que je l'ai lu il y a de cela quelques jours et que cela m'avait plu. C'est bien tout.

Voilà.

Time is so old and love so brief. Love is pure gold, and time athief (???). (ça, je vous le concède allègrement, c'est nul, mais je préfère la suite: ) We're late, darling we're late. Voilà, c'était ça, la suite que j'aimais bien. Juste cette phrase.

C'est à la fois touchant et triste, de se rendre compte que certaines personnes peuvent être étonnées de votre volonté de les aider. Comme si on avait donné jusque là un tableau de nous bien différent. Je ne sais pas. Je me suis dit cela hier.

On s'est fait une fin de soirée on se boit des coups ensemble, avec Sandra. Moralité de l'histoire: ben on s'est pas parlées.

Bien des choses à dire, ou plutôt à penser, mais l'éternelle même rengaine: ici? Non. Certes non.
Attendez une minute, je réfléchis. (vous pouvez déduire de cette remarque que d'habitude, je ne le fais pas beaucoup)

Il est trois heures du matin et je suis encore là à me demander ce que je vais écrire. C'est pathétique. Un impératif de vie serait d'aller me coucher parce que ma vie, la vraie, celle que les gens voient s'est arrêtée, et que demain elle va reprendre, avec ou sans moi, j'entends, mon consentement, alors autant s'y préparer, à cette prise en traître. Mais non, je me surprends encore une fois à préférer ces moments absurdes d'élucubrations à toute autre considération.

La dépendance au sentier, c'est une histoire qui raconte qu'on a beau vouloir changer - et encore, même pas, en vrai - ben en fait on y arrive que marginalement, dans la mesure où non seulement notre action, mais bien plus profondément encore, notre perception même des possibilités d'action sont conditionnées par notre passé et nos habitudes ancrées - that is, conditionnées, mais plus précisément encore : restreintes. En ce sens, la dépendance au sentier est un concept - quel gros mot pour une idée somme toute très intuitive - qui met l'accent sur la permanence, la prégnance - l'embourbement, pour le pire comme le meilleur.
C'est effectivement le titre de mon blog, donné en un instant. Et maintenant? Je ne répondrai pas. Ce serait bien prétentieux de ma part que de le faire. Alors je me contente de justifier et d'expliciter, enfin, ce que recouvre ce titre absurde - mais joli - enfin, moi, je l'aime bien. Bref.

Et en fait, le truc, c'est que... (c'était ça, dont j'avais déjà voulu parler) cette année, un livre est paru qui répond à cette notion. Parce que cette dernière avait été longtemps la source o combien féconde d'analyses en sciences politiques. Maintenant, la réponse - magnifique - enfin personnellement, je trouve, sans rire : Beyond Continuity. Quel titre! Quel titre! Non mais sans rire. Quel titre. Comme s'il avait été pensé, rédigé, pour nous tous. Une sorte de nouvelle bible - enfin non, c'est quand même nul à côté, mais bref - non, mais un nouveau manuel pour donner de nouvelles idées. L'heure est au changement, il a la cote, le salaud, le changement.

Au delà de la continuité. Que s'y passe-t-il?

Je ne sais pas. Mais je trouve le questionnement intéressant. Là, je ne précise pas trop, parce que j'aurai trop de plaisir, un jour prochain peut-être, je l'espère tout du moins, à titrer ainsi l'un de mes posts. Beyond continuity.

D'ailleurs, je postule dans l'institut de recherche du co-écrivain de cet ouvrage - qui n'en reste pas moins un simple manuel, pour certains un pauvre outil technique. Je ne sais pas pourquoi, mais j'y mets bien plus de signification. Enfin bref, je sais, cela ne parle que de sciences politiques, et dieu sait que c'est très peu de choses, mais tout de même. N'ai-je pas déjà usé des termes de path shifting dans certaines situations des plus déterminantes indéterminées? Si, biensûr. Alors aujourd'hui, pourquoi pas Beyond Continuity.

Je vous en dirai plus long un jour prochain, peut-être.

Hold up chez Gibert, que plus personne ne bouge, les livres encore moins. Je me suis fait une petite virée onéreuse mais sympathique - o combien salvatrice! Je suis heureuse, aujourd'hui encore, de ces petits achats d'une gratuité désarmante - je parle en comparaison à toutes mes lectures dites utiles.

Bref. Je suis loquace, une fois encore. Et pourtant. (Dernière cigarette, minute papillon)

Bien entendu, que je pense. Une personne sait à quoi. Bien entendu. Comme si cela pouvait ne pas m'atteindre - même si je feins si bien.

mardi, février 21, 2006

Manifeste pour le plan-plan

Gris, gris, gris de gris, ces jours-ci. Non pas que cela me pèse, réellement, mais tout de même. C'est un temps à rester chez soi. Boire du thé en mangeant du chocolat. Fumer des clopes en écoutant la sonate pour violon et piano de Brahms. (c'est exactement ce que je fais à l'instant- mmmh! c'est bon, de se recréer des atmosphères toutes plan-plan...).
Non mais sans rire! Comment faire autrement! Il fait par trop froid, trop humide, pour se risquer à quelque activité éclairée et vive. Vivons dans l'obscurité et le calme! Soyons calme! Vivons cloîtré!

Ceci dit, je dis ça, mais ce soir je vais au ciné. Voir 13 tsameti. A ce qu'il paraît, et dieu sait qu'il faut bien se fier aux rumeurs, c'est très bien. Croire aux rumeurs, et puis, et puis, se faire sa propre opinion. Pas mal de films à aller voir, les prochains temps.

Deuxième ceci dit: la sonate est pas non plus très plan-plan en soi. Juste, elle va très bien avec l'atmosphère.

Voilà, c'est dit.

lundi, février 20, 2006

Young American (rien à voir)

Bon et sinon?

Retour sur Paris, gris, petites complications de dernière minute qui s'arrangent (ne sont-elles pas faites pour ça, fondamentalement?), et puis voilà, une journée à récurrer un peu et surtout à travailler. Alors je reprends du service, connectée 24/24, pas le choix, du travail, du travail à effectuer - non! à abattre! à abattre! - du travail comme un arbre pour en faire quelque chose de solide - rien de mieux que le bois.

Je lis Crime et châtiment, ces jours. Keul me dira encore que c'est trop vieux, mais non, j'aime beaucoup. Saleté de Raskolnikov - on s'y retrouve toujours - un peu, au moins. J'ai très envie de lire, en ce moment. N'est-ce pas PE qui dit qu'on devrait toujours lire plus? Si, si, c'est bien vrai, même si je ne mets cette maxime que trop rarement en action... et ... qu'importe la tête si le bras est faible? (dirait plus ou moins comme ça l'autre).

Bref, bref, bref, que de choses à faire et si peu de soleil. Comme si c'était possible, toujours, de continuer. Non, bien entendu. J'ai pas mal de trucs à abattre pour mercredi-jeudi, mais bon, hein, comme c'est le jour des maximes, on peut bien dire aussi que qui veut aller loin ménage sa monture. Et en l'occurence, en plus, elle est pas en super état, la monture, alors il est d'autant plus important de la chouchouter un peu. Je sais pas.

And the stars look very different today.

J'ai bien envie de les voir différentes, les étoiles, aujourd'hui.

J'ai pas mal de nouveautés dans ma vie, un peu, rien qu'un peu. Mais je les protège un peu parce que je sais pas du tout ce qu'il en est, encore, et puis... je ne sais pas. Il est temps de ne pas les réfléchir de trop, non? Je veux dire, que j'y réfléchisse, c'est une chose. En parler ici en est encore une autre. Et cette fois-ci, je crois qu'il faut que je me mette des limites. Parce que sinon, je vais la creuser moi-même, ma dépendance au sentier. Et oui!, il faut savoir ne pas nourrir ses faiblesses, même si on les aime bien, même si la sale impression qu'elles ne nous lâcheront jamais la grappe demeure. Se mettre des limites.
Faire des feintes, gauche droite petit pont, pour faire semblant de sortir des sillons, profonds!, de cette boue séchée du sentier. Tu vois je suis sortie! Je marche à côté - de mes pompes? Non! Prendre des chemins de traverse, des chemins de traverse, même si tous mènent à Rome, les salauds, la révolution, faite pour donner l'espoir, qui nous mène du bout du nez vers là d'où on voulait aller - pour de vrai? Partir de Rome pour y retourner, plus tard, le temps d'une valse qui fait tourner les têtes et les aiguilles des montres, faites pour se courir après. Point de départ, point de départ, je ne te vois que trop bien à mesure que je m'approche de ce que je croyais être la fin.
Bref. Petites élucubrations sans faire exprès.

Bon, je sais pas, finalement, là où je voulais en venir, dans ce post. Comme quoi, tout se tient.

Ouïe et dors pas


Bon, quelques jours que j'avais disparue de la surface, immergée chez mes parents. Entre temps, dailleurs, plein de choses me sont venues en tête, plein, enfin, des petits trucs à écrire ici.

Je sais pas. Comme cette nuit-là où je me suis réveillée tellement j'avais mal au bide. Sans rire, je crois que j'ai halluciné tellement j'avais mal. J'arrivais pas à regarder distinctement, ou plus précisément, ma chambre ne semblait être faite que de motifs floraux un peu stylés psychédéliques qui bougeaient, style, s'épanchaient se retractaient, tous ensemble coordonnés, comme des jambes de danseuses aquatiques en rond. Je sais pas trop comment dire mais en gros c'était ça. Et puis du coup, comme je pouvais pas dormir ben j'ai voulu écrire cette nouvelle manière que mes yeux avaient d'apprécier mon environnement. Mais j'ai pas pu parce que je me tortillais, je pouvais pas écrire. Alors j'ai laissé tomber, le dessein autant que ma conscience - je me suis finalement rendormie.

mercredi, février 15, 2006

Speak low


Speak low. Belle chanson.

(paragraphe effacé, mais je le note tout de même, pour me souvenir de ma honte de certaines choses)

J'aurais bien aimé que tout se passe bien. Mais non. Et ce, pas uniquement, mais aussi pour beaucoup par ma faute. Je m'énerve. Non, je me fatigue. Comment changer.

Il faut écouter Speak low. version de sarah vaughan (la seule que j'ai - je suis preneuse de toute nouvelle version). Très belle.

Bonne nuit.

mardi, février 14, 2006

Bout de papier (anonyme, 1917)


Ma belle discrète,
qui sourit sans s'étioler,
du coin de l'oeil,
d'un sourire muet,
pour ne pas déplier, froisser,
le silence apaisé -
il fait froid l'air scintille et se répercute sur les visages calfeutrés, trahis par une trainée d'étoiles de fumée.

Cadeaux

Un matin, comme un autre, assise à mon bureau, café clope, de la musique dans les oreilles - pour ne pas déroger au très saint rituel.
Peut-être est-ce l'association toute explosive de muesli, oranges en montagne coupées dans une coupelle et saupoudrées de cannelle et café qui me donne tant d'énergie, ce matin. Rien n'a changé depuis hier et pourtant.

Je vais être active, aujourd'hui. Trouver un cadeau à Seb. Et aussi à Sarah, tiens. Faire des cadeaux, pour les gens que je n'ai revus depuis des lustres, des lustres - et leurs anniversaires passés, depuis des lustres, aussi - Sarah.

Faire valdinguer les hésitations et agir, dans n'importe quel sens, au début, parce que la recherche d'une cohérence ou d'une perfection est très inhibitrice. Alors pour commencer, c'est comme pour les fautes grammaticales qu'on fait dans une langue étrangère, et ben il faut laisser tout ça de côté et faire plein de fautes. Je ne sais pas si je crois à ce que je dis, mais on va partir là dessus, ce matin. Sinon, je ne ferai rien.

La tentation de Raskolnikov



J'ai l'impression de tout louper, ces temps-ci. Ou plutôt, j'ai l'impression que je croyais que tout allait un peu mieux, alors j'ai baissé ma garde, et puis vlan, quedalle, qu'est-ce que tu crois. En vrai, je crois que je réussis plus ou moins que dans mes études. Voilà qui réduit clairement mes besoins d'amis et mes amours, qu'elles soient enchanteresses ou meurtrières. Se concentrer sur l'école. Ca fait des lustres que j'arbore cette même rengaine, à chaque coup de poignard qui affleure. Pourquoi ne me déciderais-je pas à mettre enfin ce principe en oeuvre. Tout envoyer ballader - mon amie est loin, déjà - mais envoyer ballader le balladin trouble fête malgré lui, tout envoyer ballader qui n'est pas - études, carrière, stratégie. Devenir Raskolnikov pour de bon - arrêter de n'être que son ombre pâle - celle qui fait le mal pareil mais sans s'assumer. Ca y est, déjà, j'en ai plus rien à foutre quand ma cendre tombe parterre. Rien à battre. EADS et isolement. Je ne sais pas.

Oui, oui, je sais ma réaction a priori exagérée. Mais tout de même, apparemment, je suis pas particulièrement douée pour les relations humaines. Je crois j'arrive pas à dire des trucs sans blesser, dans un cadre néo-familial, et dans le reste, j'arrive pas à faire du bien. Bref. Pas gagné.

Je sais pas du tout ce que je dois faire, ce soir. J'ai voulu appeler cette dite amie pour lui pleurer au téléphone que je quittais le sujet épiphénoménal de notre discorde. Mais elle n'a pas répondu. Je me suis dit que j'allais le faire de toutes façons. Maintenant, je ne sais plus rien. Plus rien du tout.

Mes fondations sont ébranlées et je redoute cet instant - le moment du chien blessé au flanc, qui crie qui hurle et qui mord, très fort. Bulldozer.

Je ne sais pas. Je n'aurais peut-être pas du écrire tout ceci - ce ne sont que quelques remarques à chaud. Peut-être m'en morderais-je les doigts moi-même. Je ne sais pas.

J'ai deux trois petits trucs qui m'embêtent en plus, style des trucs que j'ai l'impression qui ont été mal interprétés - ou non, plutôt que j'ai mal dit, je réussis pas à parler, je réussis pas, contrairement à d'autres verves convaincantes, je n'y arrive pas.

lundi, février 13, 2006

Aujourd'hui, j'ai perdu


J'ai perdu une amie, à cause d'une histoire de mec, aujourd'hui. Je l'ai perdu parce que j'ai pas fait attention. Je croyais pas à la gravité de l'histoire. Je croyais que tout ce remue-ménage n'était que superficiel. Je croyais tout ça à tort, et aujourd'hui, j'ai perdu une amie.
J'ai pas de coeur. Ou alors, je sais pas m'en servir comme tout le monde - puisque manifestement, mon sang irrigue mes veines. Mais non, je ne sais pas m'en servir. Tout dans le ventre, tout dans le ventre - à celui qui ira le plus loin.
Même si j'aurais toutes les raisons de m'attacher à cet énergumène, et bien non, puisque ma meilleure amie ne voulait pas. C'est aussi simple que ça, et je n'y ai pas cru, pourtant. Comme si c'était encore du pour du faux, encore du bluff. Non, ce n'en était pas. J'en ai marre. Pourquoi, pourquoi tant de situations compliquées - premier type qui me faisait vouloir mettre de côté un peu mon éternelle blessure, et pourtant, je dois y renoncer. Et c'est ce que je n'ai pas fait, nonobstant la simplicité de certaines règles entre amies - si moi je ne veux pas, tu ne dois pas le faire. On pourra m'objecter le fait que d'énoncer cette règle de manière aussi péremptoire est déjà la juger comme ridicule. C'est pourtant tout le contraire. Il est des lois simples qu'il faut respecter, même si elles vont à l'encontre d'autres raisonnements. C'est ce que je n'ai pas fait, et aujourd'hui, j'ai perdu une amie.

dimanche, février 12, 2006

La droite, pourquoi pas, finalement


Encore un sale dimanche comme on n'aurait pas cru qu'il allait se passer. Confère le début de ce blog. Non, en réalité, non.
Mais alors même que la boucle est bouclée, je m'aperçois que ce que je croyais être la solution ne l'est pas.
Ou peut-être que si, mais je ne vois pas assez loin.

Bien entendu, je pourrais écrire ici ce soir que la bonne humeur qui présidait à mon sourire ce matin s'en est allée voir un peu plus loin, me laissant, seule et dépitée, accoudée à mon bureau dans ma chambre mal éclairée que je n'ai du reste pas quittée de la journée. Je pourrais dire que mes démons me poursuivent, chasseurs de tête, mercenaires à la solde du moindre doute ou de la moindre ombre ou du moindre ciel gris. Je pourrais dire que je suis triste et terriblement seule, ce soir. Et je pourrais continuer longtemps comme ça.

Mais je ne le dirai pas. Parce qu'il est des choses que la pudeur interdit, et puis, surtout, que le faible éclairage orangée de ma chambre fait taire.

Alors, je me décide à retourner, peu convaincue, mais ma foi, parfois, il faut savoir mettre ses convictions de côté, l'objet même de ce blog - cette dépendance au sentier.

Non, ce sera pour une autre fois, promis. J'ai déjà le titre - et la variation du thème - en tête, mais ce serait le gâcher que de l'utiliser avec si peu d'emphase.

Bref. Revenons-en à nos moutons.

Les dichotomies ne servent à rien, écrivai-je il n'y a pas longtemps. C'est on ne peut plus vrai. Rien à faire des oppositions claires, et encore moins des gradations sur un continuum entre les deux. Il faut, peut-être, savoir affronter les incohérences. Plus de dichotomie dans ma vie, promis.

L'ambiance rouge de ma chambre sévit, le calme se fait, plus gros que le boeuf, pour cacher toute cette colère qui monta en moi ce soir. Je ne sais pas pourquoi. Une vraie colère, comme je n'en connais pas souvent. Pas envie de répondre au téléphone - laissez moi tranquille, criai-je pas trop fort quand même alors que l'affreuse machine sonnait. Et puis, marre des indécisions, des gens qui balbutient des propositions sur la comète - elle n'existe pas, tu m'entends! Alors je me retire du monde, ce soir, me retire, refuse coup sur coup des invitations de personnes que j'aurais du reste bien vu - pas dans ce contexte.

Perdre les gens de vue et de son coeur à cause d'autres personnes. Le pont qui craque à son côté droit - n'ai-je pas dit que cette silhouette était ma gauche? - et entraîne l'ostracisme d'une rive. Alors on a beau faire, des signes, des gestes, des gesticulations de sémaphores, rien n'y fait, le pont est rompu, et avec lui les mots et les sourires que s'échangeaient les deux pants de mondes séparés. Lancer des cordes, pour faire un pont de singe - et faire la grimace, alors que les pièces d'or tombent dans l'abîme et cessent de résonner. Il ne sert à rien, finalement peut-être, de vouloir les rassembler - qu'auraient-ils à se dire? Si ce n'est ressasser les bons et taire les mauvais, souvenirs, souvenirs, du temps passé.

Je ne sais pas. Je me protège un peu, je crois, de toute intrusion dans ma vie. Je ne veux plus le voir, parfois, ce reste de pont et son monde à lui. Non, plus envie. Pas comme ça, en tous cas.

Je tente de me persuader du bienfait des voyageurs pédestres qui arrivent de l'autre côté, de l'autre côté, pas par le pont, pas par le pont, mais par la route, la vraie, celle qui est balisée, de l'autre côté. Je me dis que j'ai été méprisante avec eux - pourquoi seraient-ils moins digne d'intérêt? Juste parce qu'ils n'empruntent pas le sentier caché? - le chemin de traverse - quel chemin de traverse. Juste pour ça? Bouh! quelle mauvaise excuse! Ils n'y sont pour rien, si eux, ils viennent de ma droite. Qu'y peuvent-ils, s'ils sont nés là-bas? Rien, rien de rien. Alors il faut les réhabiliter. Accepter d'être un peu social-traître et réhabiliter le pant droit de ma vie.

Les dimanches, normalement, j'aime bien ça. Mais plus trop en ce moment. J'espère que ça va changer. (cf. une chanson d'anidf).

Mais si, tu es là! Mais si, je te promets! Tu es là!

Une porte ouverte m'a tendu la main, mirage ou non, je n'en sais rien, une porte ouverte m'a tendu la main. Espoir de rédemption? il est certainement trop tôt pour se prononcer.

Je sais, ce post est déjà bien long. Mais tant pis. Impérieuse impérialiste, je m'en fiche, ce blog est à moi et j'y écris autant que je veux.

Béantes

Des fois il faut accepter que les plaies cicatrisent encore béantes pourtant.

Ballade

Bon. J'ai pas trop la forme pour travailler. Cela m'embête un peu, parce qu'il faudrait parfois savoir se faire violence et être plus qu'efficace. - En même temps, j'ai l'impression de ne faire que ça depuis assez longtemps, me faire violence contre moi. Qu'est-ce que j'aimerais bien pouvoir envoyer ballader des trucs. De fait, je le fais un peu, puisque je fais mes travaux à l'arrache. Mais cela ne suffit pas, solution bâtarde et o combien insatisfaisante. Il me faudrait un jour REELLEMENT envoyer ballader un truc. Style, un truc où je pourrais me le permettre. Oui, je sais, cela est déjà une limite incroyable à mon geste d'indolence.
Mais en réalité, peut-être est-ce ça, que de grandir un peu (pas dans un sens psychologisant mais juste, de fait, d'être plus loin dans ses études, par exemple). Je veux dire, il y a peu de choses que je n'envoie pas ballader que je pourrais envoyer ballader. En d'autres termes: je dois de toutes façons me concentrer pas mal, ces temps-ci, sur les trucs nécessaires. Parce que je pense que j'aurais beau vouloir être aussi "cool" et "nonchalante" que je veux, ben... ça m'embêterait quand même de me plomber un éventuel financement de thèse pour les beaux yeux d'une rébellion prépubaire.
Alors en d'autres termes, encore: oui, en gros, j'ai pas le choix, j'ai des trucs importants, très importants, ces temps-ci, et c'est pas le moment de flancher complètement (je rajoute complètement parce que mon épuisement ne me permet pas non plus d'être à fond dedans, juste, pour le coup, je me contente de la solution bâtarde, le faire, mais bon, le plus tranquillou possible... c'est nul punaise. quel mur.)

Bon, voilà pour mes remarques d'un dimanche après-midi par trop gris. Bouillasse de gris, gris le ciel, gris les murs.
Et toujours les mêmes chansons, en boucle - pour le coup, les plus légères qui soient, pour tenter d'échapper rien qu'un tout petit peu à cette épée de Damoclès qui me pendouille sur la tête de ce ciel gris de gris: faire, faire, mon projet de thèse.

Bref. Je m'en retourne de là où je suis venue - word, times new roman, justifié. Quel vocabulaire étrange - mais plaisant, somme toute, si on le détache de son sens ordinaire. Bref. A tout à l'heure, peut-être.

samedi, février 11, 2006

Gentleman cambrioleur - remix

Deux types, en face de moi, à ma rencontre, sur la rue de belleville. Manifestement ivres morts, surtout le second, le plus lent, celui qui titube. Et puis aussi, et surtout, celui qui a dégommé tous les rétros de toutes les voitures de la rue sur 30 mètres environ. Et bam, coup de pied circulaire. Ca ne pardonne pas.

Et là, moi de les croiser, le second m'interpèle, et me demande si j'aurais du feu, s'il vous plait. Moi de répondre à qui mieux mieux que oui, oui, et de lui tendre - je lui allume sa cigarette, au pauvre garçon - et oui, je découvrai au même moment qu'il ne s'agissait que d'un enfant ou presque - je lui allume sa cigarette, donc, il s'accroche à mes mains rassemblées en refuge contre le vent, elles sont sales, je le vois bien, certainement de la bière, sur celle de droite, ce n'est pas grave, nous nous y reprenons à plusieurs fois, ça y est, je lui dis - ça y est -, lui, de me répondre un grand sourire aux lèvres je te remercie, mais de rien pas de problème, bonne soirée, merci, bonne soirée à toi aussi.

Comme quoi, on peut être bourré et violent envers les voitures et très très gentil avec les moeufs.

(ça, c'est de la leçon)

Il faut compter le nombre de jours qui jonchent le sol.

n'importe quoi.

Mais quel mal m'a pris, de m'éprendre de lui, demanda-t-elle. Mais quelle sotte, pensé-je. Quel mal de s'éprendre. Manquerait plus que ça.

Elle, qui rajoute, bourrée, manifestement: je t'aime toujours. oui, bon, ça, ça peut arriver. Mais cela n'a aucun sens. Enfin, si, mais hors contexte. Dans le contexte... c'est plus facile, je crois - à développer plus tard.

Non, en fait, je dis un peu n'importe quoi, mais j'ai envie de latter des paroles de chansons.

Deux de mes colocs sont à Grenoble, deux autres, les amoureux (je me prends la liberté de les nommer ainsi, cela m'évite quelque lourde périphrase), sont manifestement de sortie. Je me retrouve toute seule, dans cet appartement. Ce n'est pas rare, mais cela me frappe, à l'instant. Je devrais ne pas tarder à aller me coucher, mais toujours, toujours, l'éternelle rengaine - une dernière cigarette, un dernier texte, donc, et une dernière cigarette, un dernier texte une dernière cigarette un dernier texte une derniere cigaretete une denriener teset uene dernieere cirageette une dernei teste unee derniere cigaretete uen dernie texwste uene derneire ciageertte.
Et on sait comment ça se termine.

Ce week end - j'use de ce post comme post-it - il faut: boucler mon projet de thèse. Ah! cela me semble totalement fou. et pourtant, ce sera fait, d'ici lundi. Pas le choix, Eloi.

Bon, je n'ai pas envie de trop parler, en réalité. Alors pour une fois, oui, je vais m'en tenir à l'éternelle unique cigarette.

Bonne nuit.

mercredi, février 08, 2006

Les dichotomies ne servent à rien



Je me suis énervée à ne pas savoir parler. D'abord, un jour, trop se taire. Et puis, un autre, s'enfoncer dans les mots inutiles et gluants.

J'ai fait un rêve étrange, la nuit dernière.
Un rêve fait uniquement de voix. Pas de téléphone, non, pas de médiation, et pourtant pas de corps, pas de présence - juste des voix, dont les mots s'enchaînent, mais qui se répondent, finalement à peine.
Quelque chose comme. Je vais partir. Réponse ou silence, je ne m'en souviens plus. Mais je serais quand même venue dire aurevoir - ou me congédier. Je ne sais plus exactement. Mais ce n'étais pas "te" dire aurevoir. Plus impersonnel, plus pudique, plus douloureux. Et cette année? ... Nul. Réponse lapidaire, certes, dans le sens, mais pas uniquement. La forme. Juste un "nul", lancé, comme ça. Pas de répétition, pas d'emportement qui puisse montrer un quelconque attachement, ci ce n'est-ce à sa propre vie.
Et tout s'arrête là, et le rêve et les mots. Non, pas de dialogue. Je suis venue te dire que je m'en vais. Et c'est tout.

Un silence qui se veut salvateur, le salaud, taire, taire, toujours taire les choses qui peuvent faire mal. Et tout le monde, de jouer le jeu, se perd en cabrioles. Le silence est certes plus beau que les mots imprécis. Car ils le seront toujours - imprécis. Et puis, parler, ce serait montrer, montrer l'ignoble, le par trop humain, cet saleté d'attachement stupide. Tendre l'autre joue n'est pas dans l'air du temps.


Aujourd'hui, j'ai marché en baissant les yeux, dans les couloirs du métro. Je m'en suis rendue compte, parce que c'est la première fois, je crois. Et je ne sais même pas pourquoi. Je veux dire, pas de gros nuage noir dans mon ciel gris. Mais non, aujourd'hui, je ne pouvais pas supporter d'être vue. J'aurais voulu pouvoir me faire toute, toute petite. Pour pouvoir me faufiler.

Bon, bon, rien de bien inquiétant-réjouissant - quelle dichotomie facile.

Quelle lumière! Que du bleu et de l'orange, entre ces immeubles et cette tour de contrôle - et puis un peu dans ma chambre, aussi. Que du bleu et de l'orange. Je réfléchis parfois aux couleurs folles dont usent les peintres pour signifier un ciel bleu. Ce soir, c'est facile, de les voir toutes mélangées, les couleurs.

lundi, février 06, 2006

Tremblements

Ca y est. Terminé, le devoir, achevée, la bête. Aller demain matin tôt au cevipof pour y déposer les exemplaires papiers. Et là, tout sera fini...

Entre temps, je me prévois un petit paradis de vacances - un peu de relâche avant de me plonger, avide et sereine, dans mon mémoire.

Quelques mots usés me taraudent, ces jours-ci. O, je sais, rien de bien original - Aragon.

Et moi pour la juger qui suis-je
pauvres bonheurs pauvres vertiges
il s'est tant perdu de prodiges
que je ne m'y reconnais plus
rencontres partances hâtives
est-ce ainsi que le hommes vivent
et leurs baisers au loin les suivent
comme des soleils révolus

tout est affaire de décor
changer de lit changer de corps
a quoi bon si c est encore
moi qui moi-même me trahis
moi qui me traine et m'éparpille
et mon ombre se déshabille
dans les bras semblables des filles
où j ai cru trouver un pays.


Je sais, je sais, c'est ridicule. mais juste, ils me taraudent, ces mots. les bras semblables.


Bref, vous aurez compris que je vais bien - une catherine qui ne se fait pas tarauder par quelques mots adolescents est malade! - ah! que n'ai je dépassé ce stade. Bref.

Bref, bref, bref, en un mot comme en mille, et les sourires que je ne verse plus, sont mes larmes entendues. et vice et versa. ( non, j ai juste renversé une expression d 'un jour...mais cela ne fait manifestement aucun sens).

LES BRAS SEMBLABLES! LES BRAS SEMBLABLES!

my godness. les bras semblables. Si seulement j'y avais pensé plus tôt. je me sens ravagée, à ce moment précis.

Aurais-je grandi? Je ne sais, il est certainement trop tôt pour se prononcer. Qui plus est, j'ai si souvent crié à la guérison que je n'y crois plus. Mais ceci dit... Bref.

Encore une chanson en boucle, pour finir cette journée et ma traversée du désert - d'une pierre deux coups, comme on dirait de par chez nous.

Je porte un chapeau, ces jours, un chapeau gris avec mon long manteau noir qui se transforme d'un coup d'un seul en veste longue de cowboy. Non, je vous promets, on plaisante sur l'aspect détective, mais moi, pas du tout, habillée comme ça, je me sens plus proche du cowboy. d'ailleurs, ce n'est pas le style que je préfère, de cowboy. Bref. De toutes manières, je garde une préférence claire pour le détective. Bref - histoire de goût. Non mais en vrai, c'est une question d'actualité. Parce que j'ai remarqué que je faisais que me déguiser, ces jours-ci. Pour travailler à mon bureau, je me déguise en "reporter" ou en rocker paumé des années 1980. (ça se ressemble, je vous promets). Et puis des fois quand je sors je me déguise en moeuf fatale, style je gère à mort la situation. C'est marrant. J'adore vraiment me déguiser.

Les bras semblables.

Je reviendrai, un jour, certainement, sur le bouleversement qui me bousille ma vie.

J'ai pas mangé de toute la journée et là je me suis empiffrée un plat de pâtes et un bout de viande de porc - je sais pas quel morceau c'était. Autant dire que je me sens plus qu'emplatrée.

Aller dormir et tout oublier, même le bonheur dévidé qui se profile, le temps d'une nuit. Et non en plus c'est même pas vrai! je rêve, punaise, ces temps-ci.

Bon, je crois que je dis vraiment n'importe quoi. je vais donc m'arrêter, avant que de perdre toute crédibilité - car mon lecteur, toi, je t'ai déjà perdu.

je tremble. c'est que je dois être fatiguée. il est temps d'aller dormir, bonne nuit.

samedi, février 04, 2006

Les femmes

J'attends Ramses, qui est en train de se faire belle. Une bonne demi-heure dans la douche et à peu près pareil après pour se pomponner. C'est fou.

*

Aujourd'hui je devais travailler. De une, j'ai presque pas dormi la nuit d'avant. Bref. De deux, constat en parallèle ou plus ou moins relation causale, qui sait, je n'ai pas bien travaillé, aujourd'hui. En gros, si tant est que j'ai fait quelque chose, et bien de toutes manières cela ne me sert à rien parce que c'était si nul que j'ai changé d'approche théorique à neuf heures du soir. Alors pour de la productivité, moi.

*

J'harcèle Ramsou, elle doit me haïr. Je viens de crier "plus que deux minutes!". Elle de répondre: ouais. Bref.

*

C'est l'horreur, les politiques urbaines. ca me gonfle! Non, en vrai pas trop. Quand je pensais encore pouvoir prouver que les politiques urbaines exemplifiaient le vampirisme étatique, cela me faisait marrer - vampirisme car ultra étatisme, il gère tout, joue sur la notion de contrôle et surveillance, ne tend plus uniquement à la régulation des biens et ressources mais des personnes et de leurs comportements. L'état régulateur à la Bentham. De l'utilitarisme à fond les manettes.
Mais non, je joue les tafioles et opte pour l'approche cognitive. Les paradigmes politiques de Peter Hall. Franchement, y a pas plus molasson, comme approche. Trop bien, y a des idées dans l'air qui quelques fois gagnent leur éternelle querelle avec les anges et se corporéifient dans des personnes. - et là, oui, on a un changement de paradigme. En gros. Non mais en vrai il faut que il y ait eu constat d'échec de la politique antérieure et perte de cohérence intellectuelle interne au paradigme précédent. Mais quand tu mélanges un peu tout ça, bam bam patatrac, c'est bon, t'as chopé ton changement de paradigme - path shifting... c'est rien qu'un tout petit peu plus sexy en anglais, alors on va pas se gêner.

Bon, c'est pas tout ça, ma poule devrait être prête - oui, je l'entends gargariser et rejeter allègrement ses glaviots dans l'évier sans rincer, elle ne devrait plus tarder.

Bon, il faut que je me bouge, parce que tant que moi je dirais rien, elle sera pas prête. à la fin, elle me dira qu'elle m'attendait...

Aurevoir.