vendredi, mars 31, 2006

Rebecca

Ca y est, encore une soirée un peu bizarre. Rien qu'un peu. Mes doutes semblent être confirmés. Mais ce n'est pas grave, en soi. Juste, oui, mes impressions semblent avoir été bonnes. Ah, c'est le comble... On s'est bien trouvés... Ironie du sort qui me fait sourire. Juste, maintenant, faut quand même qu'on sorte de ça. Ou non, plutôt, qu'on arrive à être heureux ensemble quand même - malgré nos pulsions respectives.

Bon, en gros, petite soirée boîte parisienne ultra hype ridicule. "Oh, Rebecca (dit avec un accent anglais), ma chérie, que tu es belle! Il faut absooooolument que je te présente Robert Ducon....". Bref. Oui, tous les stéréotypes ont été confirmés - des types à grosses lunettes, cheveux mi longs bruns bouclés, beau gosse à deux balles avec des chemises ouvertes sur leur torse ridicule et des pantalons faits en tapisserie en velours, des petites moeufs qui se tremoussent en riant la tête révulsée en arrière, oh, mon chou, tu me fais riiiiiiiire! l'air je suis trop cool et surtout trop le pif plein de coco et j'enjoy la life comme tu peux pas savoir, man.
Donc, oui, soirée avec S - avec lequel nous avions déjà enchainé un apéro dès 5h du soir puis un repas avec So et un copain à elle - G, un copain trop hype et trop sympa marrant de S, et C. Bon, les initiales c'est trop nul. Alors S c'est Sam, G c'est Guy et C c'est Christophe. Voilà. C'est pas leurs vrais noms mais peu importe.
Tous les 4 donc, dans cette boîte. Petit partage en vrille. Christophe qui dit qu'il veut pas danser un slow pourri avec moi - je n'y tenais pas réellement, mais la situation était tournée comme ça. Guy qui s'insurge du peu de considération que me porte Chris (abréviation d'un faux nom, pas mal, non?), et m'invite à danser un slow embrasé. Et nous enchaînons. Faut dire que c'était trop agréable, il danse trop bien. Toujours est-il que la situation s'est vite muée en petite compétition entre Guy et Chris. Ce dernier d'embrasser Sam sur le canapé en nous regardant - en riant, aussi, je précise, pas que vous croyiez que c'était d'emblée glauquissime ou pervers. Et nous de nous embrasser aussi, Guy et moi. Bref, ça s'emballe un peu. Je vais pas plus loin parce que en soi c'est plus très intéressant, mais ça a encore un peu vrillé. D'autant plus qu'un type est venu se mêler à l'histoire. Nous prendre dans les bras, Guy et moi, et nous dire que nous étions trop beau, après, de voir Chris, de lui dire des trucs sur Guy et moi, de répéter à tout le monde à la ronde que je ressemblais à Cécile de France - c'est toujours bon à prendre. "Ma chérie, tu es subliiiime". Merci, bonhomme. Assez bizarre, de se retrouver dans des caves de petite décadence bourgeoise.
En rentrant, on en a fait des blagues, avec Chris, mais l'humeur n'y était pas.

(Je suis revenue - j'ai fait une lessive)

Bref. Je devrais ptet plus être impressionée par ces accès de n'importe quoi. On en est tous fait, certainement. En ce sens, je suis - je dois être à même de comprendre très bien C. Ne pas avoir peur de ce chaos ambiant. Accepter. Et puis, c'est même peut-être pour ça, finalement, que la bonne morale populaire incite à "prendre les choses comme elles viennent", ou encore à "pas se prendre la tête". Non pas for the sake of it, mais juste parce que de toutes manières le temps qu'on voit, qu'on veut continu n'est en fait que l'enchainement de petits chaos - qu'il ne tient qu'à nous de laisser en l'état, avant de reprendre le cours normal de ce que l'on veut être notre quotidien, ou, au contraire, d'ériger en statue du commandeur - petite menace angoisse pointée du doigt, dont on ne peut plus se défaire, vision d'un iceberg qui fait peur.
Alors il ne reste plus qu'à savoir ce que nous voulons. Il me semble que nous avons opté pour la première alternative, jusqu'à preuve du contraire. Moi, en tous cas, c'est ça, pour le moment.

Bonne fin de journée.

mercredi, mars 29, 2006

Bout de papier #2 (anonyme, 1917)

Le stylo le jour
parce que la nuit est pleine
de bras entourants
les rêves fatigants


La goutte qui perle
reste au dehors
sur ces plumes impitoyables
à pleurer de froid
la fenêtre le rasoir
à couper les faux reflets
défiler les nuages
et les oiseaux qui dansent


La nuit comme un ciel absent
la vie qui se cache
et les envies qu'on arrache.

La retraite au yoyo

C'est la guerre perdue. Se battre contre le principe même, que dis-je, l'essence même du ... yoyo.

Toujours pas toujours heureuse. Toujours pas de ciel sans nuage. Vous me direz avec force pertinence qu'effectivement, le ciel change. Il ne sert à rien de vouloir le figer - si ce n'est pour l'encadrer dans de poussiéreuses cartes postales d'endroits oubliés, finalement. Mais, à cela, permettez moi de répondre : certes, le ciel peut changer, qu'il le fasse, à sa guise, mais il ne tient qu'à nous de vouloir donner quelque importance à ces retournements de vents et de vestes. Or c'est bien là que réside la faiblesse et. En cela que la force qui me manque pourrait me faire voir le ciel bleu alors qu'il est gris, le vent me porter alors qu'il me crie dessus.

Alors je suis yoyo, plutôt bas, en ce moment - à part ce soir où ça va, du coup, je peux en parler et expliquer par là mes silences - qui n'ont de sens et n'existent que pour moi, la plupart du temps.

J'ai ri et pleuré en même temps, hier. C m'a dit que je lui ai fait peur. Il m'a dit aussi que j'avais l'air pas heureuse, depuis deux jours. C'est pas faux. Marre de batailler. Marre de jouer au yoyo. Mais à quoi bon se plaindre, quand il est impossible de se battre - activement, j'entends, parce que la passivité - appelée par d'autres patience ou sagesse ou maturité - je la fais mienne ces jours. Je sais que je suis heureuse, la plupart du temps. Et je n'en demande pas plus. Mais juste, oui, sans y porter plus d'importance que ça, et bien oui, je ne parviens pas encore totalement à les cacher, ces petits moments de retrouvailles.

Mais tout ira bien. Je me porte bien. Je vais continuer et aurai ma conscience pour moi - ce ne sera pas toujours moi, encore moi, qui aurai fait le mal, qui aurai fui devant quelque porte ouverte, alors que je les préfère, selon la légende, verrouillées - rouillées.

samedi, mars 25, 2006

Saudade


Ne pas se reposer sur ses lauriers marcher sous la pluie au risque de tomber malade avoir la tête qui tourne un peu tout le temps travailler réfléchir au lien entre rationalité limitée et Etat régulateur redécouvrir Daho surkiffer Bowie chanter sous la douche toute seule ou à deux un coup de soleil de cocciante parce qu'elle est trop drôle et la hurler parce qu'il n'y a personne à l'appart faire les courses et rentrer trois fois dans le même type (sans faire exprès) vouloir un peu moins fumer et boire de café (cf. infra, la tête qui tourne) réveiller K en rentrant alors qu'il a eu une dure journée avoir bien aimé les effets du gérimax inviter ma soeur et son mari à manger demain et ne pas réussir à savoir quoi cuisiner (quelque chose de bon!) boire beaucoup de thé bien chaud quoique de plus en plus froid en croyant qu'il combat efficacement les frissons qui me remontent dans le dos marcher bien droite dans les rues très fière de son imper d'inspecteur faire la grimace de temps en temps froncer les sourcils à quelque souvenir désagréable ou malheureux ou à quelque chanson jolie et triste vouloir manger tout le temps regarder les gens dans l'immeuble d'en face avoir coupé les cheveux à C ce matin avec quelque succès, apparemment.

Voilà à peu près ce qui rythme mes jours.

Non mais sans rire, Daho, c'est pas mal. Un peu le dandy des années 80. Assez classe, parfois - pas tout le temps, j'en conviens aisément. Bon, et c'est sans parler de Bowie. Je suis assez contente, C m'a dit que j'avais un peu sa coupe. Je sais c'est con, mais voilà, ça m'a fait marrer - et plaisir. Ah! Avoir la coupe de Bowie... hi hi hi. Bref.

J'écoute Heures Hindoues. Elle est mimi. Toute calme. Il ressemble à un petit garçon, comme il chante - tout timide et presque désolé de parler, d'être là, avec les sourcils étonnés.

C dit que je gagnerais à ne pas m'habiller en veuve corse. Je ne suis pas d'accord.

Il faut que je parte ! Parte ! Continuer de continuer, sans y réfléchir. Je veux repartir, à la mer ou je ne sais où. M'éloigner encore plus de moi - comme j'étais avant et comme je suis ici. J'aime bien voir du bleu partout. J'aime bien ne voir personne et ne rien entendre. J'aime bien les couleurs passées et le gris bleu. J'aime bien les voyages en voiture où on peut fumer en discutant les pieds sur la boîte à gants. J'aime bien rouler et emmener quelqu'un. J'aime bien demander si on va plutôt à droite ou à gauche et puis finalement tourner à droite parce que la réponse est venue trop tard et que dans ces cas-là, à part si j'ai une intuition ou un sens de l'orientation, ben je prends à droite, mais là, ptêt que des fois exprès contre moi ben je prendrais plutôt à gauche. J'aime bien. Bref. Saudade.

mercredi, mars 22, 2006

Ballantines (suite et fin)

Ca y est, je fais dj pour S qui danse sur mon fauteuil. C'est rigolo.

Playlist: Dreadlock Holiday, I don't like reggae, I love it. A l'instant même. Bref
A bientot.

mardi, mars 21, 2006

Ballantines

22h57

Petite soirée picole avec S, entre célibataires que nous sommes ce soir. Une fiole de whisky et puis pour finir de l'elixir aux plantes d'absinthe. On a bien ris, et puis, surtout, on a délié nos langues sur les sujets qu'on n'aborde que pudiquement, la plupart du temps - dans la cuisine, alors que le soleil est encore des nôtres et rend toute confidence inappropriée. Ce terme est important. Très important. In..... Bref.

Il faut dire, pour me disculper de quelque emballement pour le moins suspect - je ris de moi, il va sans dire - que nous avons fait une excursion à la mer, avec C. Dimanche en Haute-Normandie. Les environs de Dieppe et puis les marécages et la mer de la pointe du Hourdel. J'ai déjà écrit un texte à ce sujet, très emporté, à mon retour. Mais je ne l'ai pas publié. En gros, il s'agissait de couleurs atténuées, comme fânées, comme errodées, des couleurs comme sous l'effet du sel, des couleurs passées, très très jolies, des couleurs que j'aime bien, des couleurs qui n'agressent pas, des couleurs qui touchent par leur pudeur.
Et puis la mer et le vent. Et, et, et les maisons de briques rouges.
Et puis, le phare aux pieds duquel nous avons dormi. Son faisceau de lumière comme une épée de force incroyable, bravant les branchages des arbres environnants. J'ai été totalement fascinée, je dois dire. Je ne pensais pas, mais force est de constater que j'ai été plus que subjuguée par ce phare.
Et puis, les discussions autour des bigornauds et des moules.
Et puis, les photos de couples feignants l'ironie, sur la plage.
Se courir après et puis s'attendre, se taire et puis entonner la même chanson au même moment, "fly me to the moon", comme la découverte d'une proximité jusqu'alors cachée.

Même si moult pavés débraillés entravent ma route, toujours et encore, oui, force est de constater que, si je veux, je peux dire que je suis assez heureuse, ces jours-ci. Cela me coûte beaucoup, et sur différents tableaux. Mais si je veux mettre des oeillères que je commence à croire indispensables pour ne pas me tirer une balle tout de suite, et bien oui, alors, je suis heureuse, avec mes oeillères.

Les oeillères, en l'occurence, ce sont quelques questionnements qui ne s'effaceront jamais. Mais juste, C. a l'incroyable avantage de me pousser, le premier, à vouloir protéger ce petit entre-nous contre tout le mal que je ne saurais manquer de vouloir lui faire. Je m'y astreins. Ce n'est pas toujours facile. De ne pas céder, par exemple, à la facilité d'une charmante silhouette. Je m'y astreins. Pas envie de faire toujours le mal. Pas envie d'avoir toujours peur. Alors je veux lui, nous, me faire confiance.

Et pour cela, je me nourris de... David Bowie. Je sais c'est con, mais je surkiffe.

Non mais c'est vrai, il me semble qu'à part la musique classique - que je classe "de toutes façons" sur un autre plan - et bien, je n'ai jamais entendu rien d'aussi bon. Je kiffe kiffe kiffe. Oh ! You pretty things. Quicksand. Et puis tant d'autres. Non mais c'est vrai, c'est incroyablement bon. Oh! you pretty things parvient à me donner le sourire et une sorte d'entrain nécessaire à me lever et puis à croire à tout ça, tandis que Quicksand m'arrache une sorte de dernier élan d'attachement, comme une petite larme de bonheur-tristesse, un petit concentré d'indéterminé - en est-il un autre d'aussi fort et d'aussi vrai? L'indétermination, l'indétermination, le refus des dichotomies. Le bonheur que l'on ressent dans la douleur. Une sorte de beauté du dernier cri de la dernière étreinte. Je trouve cette chanson très... poignante, sur certains aspects.

Bon, je vais arrêter. Je risquerais de par trop m'étaler.

Par ailleurs, je fais des rêves super chelou. Enfin non, pas chelou, à savoir que je sais exactement leur signification - en tous cas sont-ils a priori relativement lisibles. Mais chelou, parce que - pourquoi viennent-ils maintenant me hanter? Bref. De toutes manières, je ne leur accorde que très peu d'importance - en termes de conséquences sur ma vie réelle. Pied de nez à mon inconscient de merde. Je m'en tape, de ce que tu penses, salaud. Moi, tout va bien et c'est pas tes allusions pourries qui viendront gâcher quoi que ce soit.

Bref, je me fais un peu, rien qu'un peu, violence, parce que rien ne saurait me détourner de l'idée que je

Bon, j'ai été coupée, S est arrivée et on a commencé à chanter et à danser. Elle est allée faire pipi mais après on continue. Surtout qu'elle est dégoutée parce qu'ell adore la chanson qui passe C ay est, je la remets au début. C'est partout, on danse. A bientot.

vendredi, mars 17, 2006

Tabula rasa la vierge

Aujourd'hui c'est ménage, et c'est pas mal parce que ma chambre commençait à devenir vraiment vraiment crade. L'occasion - ou jamais ! - de faire le tri dans toutes ces petites merdouilles que j'amasse sans complexe - on sait jamais, je pourrais regretter...

En fait j'ai tendance à tout garder et puis à faire valdinguer d'un coup plein plein de trucs - du coup, même des trucs que j'aurais dû garder. Jetage compulsif.

Quand j'étais petite j'étais pareille et un jour j'ai tout mis à la poubelle, dont une petite statuette de sainte vierge en plastique style que tu reçois par centaines par des curés ou autre catéchèse en mal d'idole et de consommation inutile de pétrole - toutes les occasions sont bonnes pour manifester sa foi, n'est-ce pas. Bref. Mes soeurs, habituées à mes accès, faisaient du coup mes poubelles comme d'autres - qui ont le permis et l'argent - nous avions en gros 6, 7 ans - font les brocantes. A la recherche de l'objet rare. Quelle ne fut pas leur surprise quand elles découvrirent la pauvre Marie sous les gravas d'un tremblement de terre dont j'étais la coupable désignée. Bref, après avoir bien ris, elles m'ont fait du chantage en disant qu'elles allaient le dire à mon grand-père (très catho)... Sympa, les moeufs. Depuis, cette anecdote a été ressassée mille fois, on en a ris mille fois, et cette image d'hérétique sans foi ni loi me colle à la peau, depuis...

mercredi, mars 15, 2006

Couleur anisette

Gros dossier, aujourd'hui - j'ai nommé - rendez-vous avec un ancien ministre. Le gars, trop cool et en même temps trop intelligent. Il sait quoi dire et quoi taire, tout en tentant de m'aider. Bref, peut-être pas l'interview du siècle, mais en tous cas, un très bon moment.

bong, beng, (bon, ok, j'arrête de retranscrire son accent à l'écrit, parce qu'on y comprendra plus rieng - donc, imaginer tout ça avec un accent du sud aussi lourd qu'un 33 tonnes), alors, je vous offre quelque chose? - Ben, euh... (gênée, comprenant bien que son café même pas touché et l'heure relativement avancée dans la matinée sonnaient le glas de la sobriété) - Moi, je vais ... prendre un apéritif. - (audace:) bon ben je vous suis (oups, où vais-je, à picoler avec un ancien ministre à 11h30 du matin)... Moi de prendre, sobrement mais avec dignité, un verre de vin - lui se lâche et prend un "51". Que les non-initiés aillent se coucher. On parle deux minutes, et moi de me prendre d'une confiance folle : je lui demande si j'aurais l'audace de reprendre mot à mot l'une de ses anecdotes (qui reprenait exactement la situation) pour lui demander si ça le gêne si je m'allume une clope. Non, pas du tout, moi, avant, j'étais à 4 paquets par jour et puis j'entretiens encore amoureusement une cave de cigare magnifique, mais je ne fume plus - et vlan, me tend le cendrier. Bref, nous voilà donc en train de boire, moi, une cigarette au bec. Pas mal. Des fois, je me surprends.

En plus, le truc, c'est que sur les conseils de mon maître à penser et papa du moment, ben j'y étais allée super bien sapée - enfin, j'entends, assez classe. Et puis j'avais fait péter les talons que je m'étais achetée il y a de cela un mois sans jamais les mettre. Et ben... j'ai souffert ma race. Non mais sans rire. La montée jusqu'au métro, une horreur. Surtout que j'ai manifestement le pied droit plus fin que le gauche, alors ma pompe droite se cassait assez souvent, laissant mon talon au vent ne sachant plus où se poser. Pas pratique. Après, déjà, j'ai apprécié le plat. Non mais ça fait une différence de fou. Et puis, après, retournée à sciences po (j'avais cours cet après-m), je les ai enlevées. J'avais emmené mes bonnes vieilles clarks. Quel plaisir de sentir la terre de toute sa plante de pied! Non mais c'est vrai, j'en appréciais toutes les foulées. Sentir la terre, sentir la terre. Par ailleurs, c'était marrant, à l'aller, parce que dans le métro je me suis retrouvée dans une rame de petits. Du coup, sans rire, à part un type qui faisait ma taille, ben je les mettais tous d'une tête au moins. Autant dire que je me suis sentie grande.

Bref, en voilà pour ma journée, à peu près - en bref: cours sur max weber, aller chercher la petite, la ramener chez elle, petite discussion avec la mère qui remarque mon - inhabituelle ??? - élégance et m'en complimente (cool! c'est toujours ça de pris, un petit "jolie" à la va-vite) et puis j'embraille sur mon entretien, on en rigole, je vais au Folies où me rejoint Keul en terrasse avant que nous migrions à l'intérieur. Bref, journée remplie, je suis fourbue. C vient d'arriver, il fait sa lessive dans la salle deb. Je m'en vais le rejoindre - j'ai prétexté quelque email à finir. Manquerait plus qu'il soit au courant de ce petit coin de zinc. Non, non, je l'ai dit, que j'allais arrêter de fourrer mes cops dans toutes mes pensées - lui, en tous cas. Je garde mes trucs. A moi. Touche pas.

Bref, bonne nuit.

A bas l'esperanto - si ce n'est une fleur

Nomeolvides, comme je le disais l'autre jour... c'est avant tout et en d'autres termes un forget-me-not, un vergissmeinnicht, un nontiscordardime, un lemmikit, un niezapominajka, un vergeet-mij-nietje. Un myosotis, en somme.

mardi, mars 14, 2006

MOC toi de moi

La machine vivante que représente l'organisation bureaucratique avec sa spécialisation du travail reposant sur une formation, sa délimitation des compétences, ses règlements, ses rapports d'obéissance hiérarchisés, est aussi de l'esprit figé. En association avec la machine morte, elle travaille à fabriquer l'habitacle de cette servitude des temps futurs, dans lequel un jour peut-être, comme les fellahs dans l'Etat de l'Egypte ancienne, les gens réduits à l'impuissance seront contraints de venir se loger, lorsque la seule valeur qui leur restera sera, aux mains des fonctionnaires, une administration et une intendance bonnes d'un point de vue purement technique, autrement dit rationnelles, et que cette ultime valeur décidera de la manière dont les affaires doivent être menées.
(Weber, Max, "Parlement et gouvernement dans l'Allemagne réorganisée", in Weber, Max, Oeuvres politiques, Paris, Albin Michel, 2004, p. 336)

lundi, mars 13, 2006

Extraits (1)

Voilà certains extraits de Crime et châtiment qui m'avaient bien plu... fait rire ou sourire, les deux à la fois, tant des mots plein de tendresse sont suivis des mots les plus drôles du monde. Encore un inconditionnel des balles dans le pied. Non, mais juste, cela se répond si bien, les mots tout tout doux dont il use pour décrire la soeur et puis les mots qui le font rire lui-même on l'entend encore à propos de quelque personnage ridicule - même Raskolnikov... Bref, j'en dis trop de trop. Je me tais.


Razoumikhine s'était assurément rendu ridicule par cette passion brusque d'ivrogne qui l'avait saisi à l'apparition de la jeune fille, mais ceux qui auraient vu celle-ci aller d'un pas machinal, les bras croisés, triste et songeuse, auraient sans peine excusé le jeune homme. Advotia Romanovna était extraordinairement belle, grande, très svelte, mais forte cependant. Chacun de ses gestes trahissaient une assurance qui ne nuisait en rien à la grâce de la jeune fille. Son visage ressemblait à celui de son frère. Elle avait les cheveux chatains, un peu plus clairs, le teint pâle, mais non point d'une pâleur maladive, au contraire; sa figure rayonnait de jeunesse et de fraîcheur, sa bouche pouvait sembler trop petite avec une lettre inférieure d'un rouge vif un peu saillante ainsi que le menton, seul défaut de ce merveilleux visage, mais qui lui donnait une expression originale de fermeté et de hauteur. Sa physionomie était en général plus grave qu'enjouée, mais en revanche, de quel charme la parait le sourire ou le rire, ce rire insouciant, jeune, joyeux...
Rien d'étonnant que l'ardent, l'honnête, le simple Razoumikhine, robuste comme un géant et gris par-dessus le marché, eût perdu la tête au premier coup d'oeil, lui qui n'avait jamais rien vu de pareil en sa vie. De plus, le hasard voulut qu'il aperçût Dounia pour la première fois dans un moment où la détresse et la joie de revoir son frère la transfiguraient. Il vit ensuite sa lèvre frémir d'indignation aux objurgations de Rodia, et n'y put tenir.
(p. 218)

Il errait sans but. Le soleil se couchait. Il éprouvait depuis quelque temps une sorte d'angoisse toute nouvelle, non point particulièrement pénible ou aiguë, mais qui semblait durable, éternelle. Il pressentait de longues, de mortelles années, pleines de cette froide et terrible anxiété. Vers le soir, en général, cette sensation devenait plus obsédante.
"Voilà, se dit-il, avec ces stupides malaises physiques provoqués par un coucher de soleil, allez vous empêcher de commettre quelques sottise ! On en devient capable d'aller se confesser, non seulement à Sonia, mais aussi à Dounia !" marmotta-t-il d'un ton haineux.
(p. 450)

(Porphyre Petrovich à Raskolnikov)
Mais, dites-moi, avez-vous déjà eu le temps de vivre, et connaissez-vous l'existence ? Il [Raskolnikov] vous invente une théorie, puis se sent tout honteux de voir qu'elle n'a abouti à rien et donne des résultats dénués de toute originalité. La chose est vile, je le reconnais, mais vous n'êtes cependant pas un criminel perdu sans retour. Oh ! non, bien loin de là ! Vous me demanderez ce que je pense de vous? Eh bien, je vous considère comme un de ces hommes qui se laisseraient arracher les entrailles en souriant à leurs bourreaux s'ils pouvaient trouver une foi un un Dieu.
(p. 484)

(Raskolnikov à/et Svidrigaïlov)
- J'allais chez vous, fit Raskolnikov, mais je ne puis pas comprendre comment il se fait que j'aie pris la perspective*** en quittant la place des Halles. (...) Ce n'est d'ailleurs pas le chemin pour aller chez vous. A peine avais-je tourné de ce côté que je vous ai aperçu. C'est bizarre!
- Pourquoi ne dites-vous pas tout simplement: c'est un miracle ?
- Parce que ce n'est peut-être qu'un hasard.
- C'est une habitude que tout le monde a prise, ici, reprit en riant Svidrigaïlov. Lors même qu'on croit au miracle, on n'ose pas l'avouer. Vous-même, vous dites que "ce n'est peut-être qu'un hasard". Comme les gens d'ici ont peu le courage de leur opinion!
(p. 490-491)

(Svidrigaïlov à Dounia, en parlant de Raskolnikov)
Il en a supporté des épreuves. Il se formera encore avec le temps, quand toutes ces folies lui seront sorties de la tête. Maintenant, il est trop avide de vivre... Sur ce point tous ces gens sont des lâches.
(p. 532)

No me olvides


Le printemps, tout comme le reste, d'ailleurs, reste à faire, reste à faire la vaisselle et le point dans ta figure que tu crois tu l'as pas vu.

Une hirondelle qui fait le printemps, comme un nid tant désiré. Avoir chaud, un peu, par le soleil réveillée - la lumière qui entre dans ma chambre - presque en face, juste un peu à gauche.

Qu'à cela ne tienne, je suis girouette, et je tourne aux vents qui amènent le soleil devant ma porte. Je suis comme qui dirait comme tout le monde. Oui, un peu dépendante des coups de sang d'un ciel par trop morose jusque là.

(Pause, je vais voir les photos de Sandra - à tout)

23h05, de retour.

No me olvides. Des photos de ce que je ne faisais qu'imaginer, si mal, si mal, malgré la bonne foi que je n'y ai jamais mise. Du reste, cela était inimaginable. Rien que l'entendement dont les yeux n'ont jamais rien vu puisse saisir - et appréhender, en paix. Et dire que je voulais, tyrannique, le faire. Maintenant, je vois. Enfin, façon de parler.

No me olvides toi non plus plus rien à dire le poulet est presque cuit et nous mangeons à table rassemblés dans une obscurité obligée toutes les ampoules sont cassées et le soleil couché.

No me olvides les olives n'y sont pas B ne les aime pas mais c'est bon quand même moi j'aime beaucoup ça les olives c'est noir et vert ou plutot ou parce que si c'est les deux ce n'est plus la même.

Une soirée calme gardée rien que pour moi toute seule pas de bras ni d'avions. Moi toute seule revoir un peu mes jours passés et respirer le calme froid de ma chambre - allez savoir pourquoi, je ne chauffe presque plus.

Mes yeux sont fatigués et je ne sais pas pourquoi. Je dors, pourtant. Je suis fatiguée. Je sais, je sais, le soleil me rend plus heureuse, déjà, oui, certes, mais le voilà à peine couché que déjà le froid me prend le bras. Il n'est pas resté suffisamment pour que je puisse lui faire confiance, déjà - alors le souvenir ne suffit pas.

Parler de l'année prochaine, comme si le présent ne comptait qu'à l'aune de cette dernière. Tout ce que je vivrais aujourd'hui ne serait donc qu'une préparation aux temps meilleurs qui ne sauraient manquer d'arriver l'an prochain? - l'an prochain, bien évidemment, l'an prochain, 1er septembre, non, bon, soyons réalistes, disons le 15 ou même le 1er octobre, pour être sûre. Comme si tout allait rentrer dans l'ordre à ce moment même. Plus de peur, plus de paralysante incertitude. Je sais, je sais - la façon même que j'ai de dépeindre cet âge d'or révèle mon athéisme. Je sais, je n'y crois pas. Mais c'est comme si, quand même. Je m'enfonce coûte que coûte dans cette croyance à la petite semaine. Et je pourris un peu le présent, par la même, ce qui n'est certainement pas pour me déplaire non plus, hein? Bon, je rigole un peu. Parce que en vrai je pense pas ça tout le temps non plus - mais là n'est pas la question du tout, soyons honnêtes. C'est juste que c'est toujours pratique de se réfugier derrière une conscience toute ironique et soi-disant maîtrisée de notre comportement. Ah ah, moi, je sais que je pourris un peu des trucs juste pour me protéger, ah! - que je me hais, quand - comme - je suis comme ça.

(je m'interroge sur une blague d'un prof qui nous dit aujourd'hui: oui, c'est comme le croyant qui va faire son pélerinage jusqu'à saint jacques à cloche-pieds ou sur les genoux pour que ça ait plus de valeur...)

Ok, on peut en rire. Mais bon. Le truc risible c'est si le but est le même, finalement ( dans la blague, c'est le même j'en conviens peut-être). Mais si le but atteint n'est pas le même? Si le plateau de mets succulents est plus dégueu parce qu'on a déjà trop mangé de têtes pour y parvenir? Si à force de mélanger ketchup et mayo on sait plus reconnaître et apprécier la simplicité de légumes crus? - là, on peut m'objecter que y a pas de hiérarchie de goût et que le ketchup et la mayo c'est bon. Certes. Mais peu importe. Et si un jour?

dimanche, mars 12, 2006

La montagne

Il est 6h28. Je viens de rentrer.

Certes, certes, j'ai les paupières qui se ferment, d'elles-mêmes, sans demander leur reste, tellement je suis - certainement - fatiguée. Oui mais voilà, impossible d'aller trouver le sommeil du juste sans écrire quelques mots. Quelle soirée spéciale. Bizarre. Sans vouloir être méchante, une soirée partie pour être pas top. Et là, bam bam patatrac, retournement de situation inattendu. Bref. K siste, finalement - il y reste, d'ailleurs, tandis que nous nous apprêtons, pleins de sourires entendus, à partir. Oui je sais c'est puéril, mais comment s'en empêcher totalement. Je plaide, je plaide, pour la neutralité, mais fais défection, devant cet entrain. Oui, je l'ai partagé aussi, bien entendu.

Les oiseaux se mettent à chanter. Cela est plus que plaisant. A vrai dire, l'aurore commence à faire concurrence à mon écran de pc - quelle sera ma seule et unique source de lumière? J'avais opté, radicale, pour le non-allumage de quelque lumière que ce soit. L'ordinateur et ses mots et rien d'autre du tout. Mais c'était sans compter avec le soleil, sotte que je suis. Il se lève, presque pile poil en face de moi - juste un peu à gauche. Alors le bloc qui enjolive ma vue se trouve noir, tout noir - en contre-jour, le pauvre, qu'il est.

Space Oddity en boucle pour finir ma nuit. Une clope qui rapetisse à vue d'oeil et puis un gros bol de tisane verveine-menthe - qui, lui, se rafraichit.

Il faut que j'aille dormir, sans conteste - demain, je dois travailler, aller faire de la prospection place du colonel Fabien et puis faire un basket avec les rescapés. Alors il faudrait y aller.

Mais non! non! que la nuit est belle, ainsi. De plus en plus claire, comme un voile qui se lève timidement. Je voudrais pouvoir rester là des heures encore.

Mais la raison ne va pas tarder à reprendre le dessus, n'est-ce pas, sur ce moment sacré et puis sur mes paupières qui n'attendent qu'un signe pour tomber.

Je sais, je sais, je me répète, mais cette chanson... qui ne l'aime pas, n'est pas... c'est quoi, déjà, le dicton? Gascon! Certainement, gascon. Qui ne l'aime pas n'est pas gascon. Et Dieu sait que les Gascons ont une sacrée classe. Je répète donc: qui n'aime pas Space oddity n'est pas gascon. Non mais sans rire - cette chanson, bien qu'il me faudrait m'en départir, est un petit chef d'oeuvre. La phrase que je préfère, même hors contexte et tout et tout (peut-être même plus encore!, hors contexte. Non, mais aussi, en tous cas. je trouve juste qu'elle sonne extraordinairement bien... jolie. voilà. c'est dit) : "Tell my wife I love her very much, she knows". Voilà, ça, c'est dit. Non mais c'est vrai que, je sais pas pourquoi, mais je surkiffe cette phrase - pan! une balle dans le pied.

Ah, que le montagne est belle.

jeudi, mars 09, 2006

Un début

Juste un mot pour dire que... ben je sais pas, mais j'aime qu'à moitié les messages anonymes qui se bornent à l'énumération de liens que je n'irai bien entendu pas visiter. Et puis, ceux qui se cantonnent à une petite réponse très bien ciblée, style, petite référence, indeed, à mes posts antérieurs... et ce, bien entendu encore, au delà de toute continuité... et bien je les aime bien, même si - parce que! bon ben voilà c'est un peu mystérieux. N'empèche. Bref.
Je reprends ma dernière phrase d'hier. C'est fou comme parfois on peut se sentir vulnérable.

Il a fait bon, aujourd'hui! C'était trop agréable! Rejoindre C., à un carrefour, profiter de sa faiblesse - il est au téléphone et ne peut ainsi pas protester, éventuellement - pour le tirer au Chéri - la terrasse! Qui n'est pas ensoleillée, finalement. Dommage. Toutes les autres bourgeonnaient déjà, pourtant. Ce sera pour plus tard.

Pour mon rendez vous d'aujourd'hui, c'est assez cool, parce que j'ai pu voir le boss en plus, et il connaît manifestement un peu tout le monde, dans ce tout tout petit monde. Alors il m'a filé son portable et puis deux autres numéros privés de pontes de chez ponte. Style, "j'y étais, moi". Respect. Alors y a ptet moy que mon petit entretien de rien du tout débouche sur ... des portes ouvertes. Ce qui est toujours plus agréable que de devoir user du bélier - a fortiori quand dans ce genre de milieu les portes de chêne millénaire restent définitivement fermées.

Bref, bref, bref.

Il a fait beau, aujourd'hui. Ah, que j'aime quand le ciel se dégage.

mercredi, mars 08, 2006

Des avions dans ma chambre

Bon, juste pour dire, rapidement, que j'ai un peu l'impression de devenir folle, là - ces temps-ci? Ma vie ne tourne qu'autour des avions, sans décoller pour autant (ho ho ho - rire gras de dessous la barbe). Non mais c'est vrai, à ne lire que ça de toutes mes journées, j'ai EFFECTIVEMENT l'impression bizarre que c'est super important, comme truc. Comme si vraiment tout ne tournait qu'autour de ça. Oh punaise, ce que c'est important, le rapport Collin sur les crédits aéronautiques au Sénat! Punaise! Et puis, ce Weston, pdg de BAe (firme brit), qu'est ce qu'il est con, punaise! Je vais finir par les tutoyer et les voir en rêve, ces petits ingénieurs grands corps de l'Etat. Je vois des problématiques partout. C'est vrai, même dans ma vie, tout est problématisé. Je discerne des trucs assimilables aux dynamiques de libéralisation, au changement d'un Etat interventioniste à un Etat régulateur, aux influences et mécanismes de diffusion intersectoriels, etc.... partout. Partout.

Il faut arrêter. Je me suis faite une tisane, pour ne pas attiser encore cette caféine qui me reste toujours dans les veines - merci, merci, café et coca. J'en ai le coeur qui tremble, souvent, ces jours. Trop c'est trop. De la tisane, verveine menthe. Manque plus que... et puis au lit. Bon, non, promis, je continue juste encore un peu et puis je me couche. C'est fou comme on peut se sentir vulnérable, parfois.

Cucu

Je l'ai fait, je vous préviens tout de suite - je suis restée à la maison et j'ai lu - j'ai fini Crime et châtiment. Deux cent pages, bam, impossible de s'arrêter, ma chambre était si agréable, et l'appartement calme. La toute fin est vraiment un peu nulle, il faut le dire. Enfin, pas "nulle", mais j'en aurais préféré une autre. On assiste, hébété, au revirement moral de notre petit orgueilleux - on a de la peine à y croire... Tant pis. Encore un roman qui se croit obligé de bien finir. Non pas que je préfère les fins noires, non, pas du tout - je suis, du reste, très cucu, me semble-t-il, et adore de ce fait les fins cucu où les deux amoureux cucu se retrouvent, cucu - mais bon voilà, là, c'est un peu exagéré. Bref.

Et puis, demain, j'ai rendez-vous avec Youyou, journaliste ponte sur les thèmes de mon mémoire. Je vois à l'instant que j'ai un message sur mon portable... hallo, bonsoir, catherine, c'est JP... etc. ça va, on est pote, là! non mais ça m'a fait trop rire, tant de familiarité. Bref. Je ne devrais certainement pas m'en étonner. C'est sympathique, et pourquoi ne le serions-nous pas. (vous aurez compris que cet homme ne s'appelle pas Youyou, je présume, mais comme les normes bloguesques d'anonymat l'exigent, je ne cite plus mes interlocuteurs).

Je trace mon chemin dans cette nuit qui est avancée parce qu'elle ne devait pas encore exister, elle ne devait être qu'un début de soirée, en réalité. Je me dois encore de préparer cet entretien. Manquerait plus que je sois pas à la hauteur, demain! De toutes façons, je le serai pas. Je saurai jamais assez. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas assurer a minima.

(playlist: Ave Maria, de Schubert) (en boucle, comme il se doit)

Bon, c'est pas tout ça. Ne plus rester des heures à tergiverser. Agir. Ne pas stagner (comme quoi, parfois, j'apprends de mes propres leçons - c'est un fait assez extraordinaire pour être noté, je vous préviens). Ne pas stagner, arrêter de fumer des clopes pour un rien, arrêter de vouloir tout vous raconter au point où je n'ai même plus rien à dire. Agir. Préparer mon entretien.

mardi, mars 07, 2006

J'aime pas les fraises flagada

Marre, marre de stagner. J'ai l'impression de ne faire que ça. Stagner. Il faut que je me lève et que je me bouge. Que je vois des choses neuves. Et que j'arrive à m'y intéresser. Marre de stagner. Marre de simuler le travail intellectuel. Je veux faire, fabriquer, avancer, en somme. Du reste, ce soir, c'est mal parti, parce que ma petite forme me pousse à rester à la maison - au lieu d'accompagner K à une réunion de "rénover maintenant". C'est nul de ma part. Ce serait un bon départ. Mais je me sens toute flagada - pas comme les fraises, que je déteste, du reste - et ai donc une envie très très forte de rester à la maison. S'interdire de travailler, encore, car se serait encore pure perte - non pas pure, parce que j'avance quand même un peu toujours, mais bon - et rester. Lire, certainement.
Marre de stagner. Je sais, sur certains plans je ne stagne plus vraiment. Mais peu importe, il s'agit de bien autre chose, ici. Bref. Marre de stagner. Je veux être rapide, vive. Je veux avoir des idées nouvelles. Je veux, je veux, je veux. Me voilà bien impérieuse, ce soir. Comme si j'en avais les moyens. Mais si, il le faut, tout simplement. Marre de stagner.

lundi, mars 06, 2006

Loulou, loulou ? Oui, c'est moi.

Repas avec les colocs, la mère de S., A. et deux journalistes copains de la mère. Sympa. Et là, prise en traître: tu ressembles vachement à ... une nana qui m'était jusqu'alors inconnue - et dont le nom m'a échappé à la minute même. Bref, rentrée à la maison, je consulte notre encyclopédie politique à nous, j'ai nommé Kurichan. Il me dit le nom, m'envoie le lien Google de son image. Putain de merde c'est pas possible, c'est vrai qu'elle me ressemble, la petite! Voilà, ça fait bizarre de voir une moeuf dans Google qui vraiment nous ressemble. Enfin, un peu, au moins - je trouve. Bref. Clémentine Autain, assimilée PC, assistante à la mairie de Paris sur la jeunesse. Punaise. C'est ouf. Pour un peu, si elle avait été plus condescendante, nous aurions eu, en plus du même visage, les mêmes initiales... Bref.

Dernière cigarette et j'y vais. Alternance en boucle de Speak low et You go to my head.

Bam bam patatrac, sans bruit.

La question, c'est: comment raconter du trash quand notre vie n'en contient pas une seule once. Je veux dire, la mienne est faite d'heures passées devant mon PC à préparer mon projet de thèse et à avancer sur mon mémoire, avec quelques pauses dédiées à des bras poilus. Alors non, je ne peux parler des coups tordus de quelque tortionnaire de patron, des foules assemblées à Brazzaville ou encore des couchers de soleils en face du panthéon. Non. Je peux parler du paysage qui s'offre à moi, une barre, que je vois dans toute sa largeur, et puis de mon travail. Pas très excitant, il est vrai. ah non, je peux aussi parler des quelques trop rares lectures qui me ravissent ces temps-ci. Mais, les concernant, j'ai quelque autre projet. En effet, je me suis dit que je partagerais bien ici quelques textes recopiés qui me tiennent à coeur ces jours - toute la vie? Mais, mais, parce qu'il y a toujours un 'mais', cela serait quelque peu ridicule. Entendez: trip ado d'identification facile à quelques mots déchirés déchirants. Une telle retranscription ne saurait manquer de donner cette impression, alors même que je souhaiterais détacher ces textes des autres petites impressions que j'écris ici. (certes, il y a certainement un lien intrinsèque entre mes ressentis - ma vie - et l'affection que je porte à certains textes choisis, mais cela est aussi très! réducteur)
Ainsi, j'envisage peut-être de créer un second blog uniquement dédié aux lectures. J'attends les avis... Non mais c'est vrai, peut-être que ce serait une solution pas mal, pour dissocier, un minimum, au moins...
Surtout que là, il y a quelques poèmes de Tsvétaiéva qui me plaisent beaucoup. Mais c'est assez puéril, dans une certaine mesure, comme écriture. Enfin non, c'est pas ce que je pense, mais cela est certainement une critique qu'on pourrait émettre, si tant est qu'on se borne soi-même à rester dans une posture puérile de restriction des poèmes à des états d'âme personnels. Je ne sais pas. Bref, ça me taraude, de les retranscrire, alors je pense que si j'ai pas de réponses, je le ferai.

You go to my head
[...]
like a summer with a thousand of julies
Bonne nuit.

dimanche, mars 05, 2006

La fête des grands mères

[Playlist: Texier, tout particulièrement "Awa" de mosaic man 2 pour le calme et "cap esperance"... pour le calme aussi, mais un peu plus pour une version optimiste de la fatalité...bref]

Une impression de fin de dimanche. Tout est calme dans la maisonnée désertée. Des lunettes de soleil sur le haut de ma tête et une bague à mon doigt qui ne m'appartiennent pas. Quelque chose aurait-il changé?

Aller à Grenoble voir Radaelli super star - mon petit bonheur de découverte de samedi après-midi. Contre-temps: si Casamayou (entendez un illustre journaliste sur les avions) accepte de me voir en fin de semaine, je reste. Tant pis pour la rock star.

Petit brunch les visages encore enfarinés un peu. Un après-midi gris cosy, à rester chez soi à travailler, l'un dans la cuisine l'autre dans la chambre. Oui, ce sont ces moments-là, que j'aime.

Je compare souvent mes petits mots ici à ceux envoyés par d'autres, pour n'en citer qu'un - K...urichan. Et là je me dis bien souvent que je préfère sa manière d'écrire à la mienne, que je les trouve plus adaptés, réactifs, rapides, incisifs, tant dans la drôlerie que le sérieux - voires les petites peines - enfin, montrées comme petites. Alors je me dis qu'il faudrait que je remédie à ce constat. En même temps, je ne suis pas Kurichan et réagis donc différemment aux événements, certainement. Bref. Tout ça pour dire que bon voilà. Trève de plaisanteries.

Vous l'aurez, peut-être, remarqué, je suis prise ce soir d'un calme appaisé. Ni bonheur ni malheur, en tous cas extrêmes, non, rien que du calme. Ce n'est pas désagréable.

Demain, c'est la rentrée. Revoir ses copains de classe et puis découvrir un nouveau professeur. Ca promet.

jeudi, mars 02, 2006

Voir la vie en rouge

Nouveau petit rendez-vous impromptu avec Peter Man, mon directeur de mémoire. Trop bien. Trop drôle. Oui, je sais, je me répète, et alors! On se marre bien, tous les deux. Je commence - enfin ! - à me dérider un peu et à faire des blagues. Attention, Zoya, ne pas dépasser les limites de la bienséance ! Si, un tout petit peu. Plus que de la bienséance, mais pas de familiarité excessive ou de vulgarité. Signe de confiance gagnée: maintenant, j'ose lui écrire des titres de mails non conventionnels ou tout utilitaristes. Mon dernier: voir la vie en rouge. (cf un rendez-vous place du colonel fabien que j'ai chopé) Je suis sûre que ça va le faire rire.

Je crois que je me prends d'affection pour ce bonhomme. Entendez bien: rien qui outrepasserait l'amitié. Mais je tenais à user du terme "affection" pour ne pas tout ramener à des considérations académiques. Parce que justement, c'est peut-être là que nous nous rencontrons le moins, en quelque sorte. Mais je trouve son monde à lui très joli, comment il fait son boulot, son rapport à la science et aux gens qui l'entourent. Je veux dire, toutes ses doctorantes ont l'air de trop le kiffer et je ne les comprends que trop bien. L'une m'a été brièvement présentée au café Solferino alors que je me réchauffais auprès d'un café en attendant mon rendez-vous avec un autre professeur. Et là, qui vois-je surgir? Peter Man et une jeune femme, lui s'écriant: "non mais c'est pas possible vous êtes un pilier de bar!" Nous nous expliquons et il part, me disant de passer après mon RDV. Bref, petite discussion dans son bureau, récit - qui c'est ? qui c'est? - celle qui voulait travailler sur le genre et qui a changé d'avis après notre premier rendez-vous - et qui se retrouve à bosser sur les avions et les hélicoptères. Je suis sa blague préférée, ces jours-ci, m'a-t-il plus ou moins dit. Mon revirement? - un succès assuré. Bref. Petites blagues. Bon, en vrai, là, je sabre à mort, et c'est mieux certainement mais du coup mon récit est désorienté (j'ai fait ma lessive, entre temps, et ai pris une douche) et je sais plus ou je voulais en venir et tout mais bon je suis à la bourre.
à bientot

mercredi, mars 01, 2006

Bulletin météo

La neige, qui vient rendre leur virginité perdue pour quelques heures aux trottoirs déchus - qu'on les lapide, leur crache dessus, à ces putains qui ont vu toute la ville leur passer dessus! Sales corps pour amours sans salut, et redeviennent gris et insalubres, auges de paroles insensées, déversées à bras le corps par des clients pressés. Arpenter le bitume et le fouler, s'empresser d'y trouver réconfort alors que les lumières dans les appartements apparaissent jaunes et vomissantes. Arpenter le bitume sans l'aimer, pour de vrai, qu'on croit, la salope l'a cherché, à se donner comme ça à des amants sans noms qui ne font que la maltraiter.

Je dis n'importe quoi, mais juste, j'ai pensé à la neige.