dimanche, juin 22, 2008

Rigoles


Ce soir, assise en compagnie d'un ami sur les marches de la petite place faisant l'angle entre rue des rigoles et rue des Pyrénées. Des jeunes, qui s'amusent - certainement - en se cherchant la bagarre. Et quelques filles. Un type s'en rapproche, ils se connaissent - manifestement- ils discutent et il en gifle une. Je ne l'ai pas vu, c'est mon ami qui me dit.
Qu'est-ce que je fais? Rien. Si, m'énerver et me sentir mal toute seule dans mon coin. Aurais-je dû intervenir? La fille. Tout cela semblait si inscrit dans leur manière de fonctionner. Certes. Mais tout de même, une sale impression en bouche qu'elle n'aurait pas pu le faire, elle, ni réagir autrement que de ne rien faire, d'ailleurs. Et ça, ça me hérisse. J'ai rien fait. Rien dit. Sales vœux pieux de merde. Réagir.


samedi, juin 21, 2008

Tout ça pour ça (?)

mercredi, juin 18, 2008

May I ?

Pink Floyd - Green is the color - 1969-09-17

vendredi, juin 13, 2008

La faute à pas de chance

Bonsoir, mademoiselle. Bonsoir. Ca va? Oui, ça va. Je suis juste extrêmement fatiguée. [...] Vous habitez seule? Non. Silence. Et vous, vous habitez seul? Oui, oui, tout seul, vous voulez dormir chez moi ce soir? Non. Allez, il faut venir dormir chez moi ce soir. Non, non, ça va, merci. Allez, ça vous dit pas de vous enfiler un noir ce soir? Sourire grinçant de sa part. Horrible. Non, ça va, merci. Bonne soirée. Silence. Sourire grinçant. Horrible.

jeudi, juin 12, 2008

Red wine and sleeping pills

Radiohead - Motion Picture Soundtrack - Kid A

mercredi, juin 11, 2008

Juste, avant d'aller dormir


David Bowie - Five Years Live 1972


J'ai envie de toi.


Et toi, tu as envie de moi? Dis moi que tu as envie de moi. Silence. Pourquoi tu me demandes ça. Je veux que tu le dises. Silence. Mais. Je veux que tu le dises, dis le. Silence. Mais, oui. Non, ce n'est pas ça. Je veux que tu le dises. Je veux l'entendre. Silence. J'ai envie de toi.


mardi, juin 10, 2008

Tu es bien rentrée? Mille baisers.

Très bien, merci. Mais tu m'as fait peur. On ne dit à personne qu'on pourrait la violer si on voulait - et on ne demande d'ailleurs à personne non plus si elle pense qu'on en est capable - en lui répondant qu'elle oublie qu'on est fou et qu'on avait fermé la porte à clé. Désolée, mais la peur, c'est pas mon truc. C'est peut-être des choses qui peuvent se dire avec plus d'intimité et de confiance, mais voilà. Bonne nuit. Prends soin de toi.

lundi, juin 09, 2008

La sainte trilogie


Le dernier post me rappelle soudainement que j'ai été, beaucoup, caractérisée ces derniers jours.
De chienne, donc. Mais également de vestale (eh oui, allez savoir) et de midship, ce qui signifie, pour celles et ceux qui ne sont pas familiers du vocabulaire de la marine (comme c'était mon cas), le marin (au milieu du bateau) qu'on rend responsable de toutes les erreurs mais qu'on aime pour son rôle de petit impertinent (eh oui, allez savoir).

J'ai donc le choix: la pute, la vierge, et... le petit marin insoumis. Quel choix exemplaire! On se croirait presque dans un test de personnalité. La chaudasse, la prude et le garçon manqué. Heureusement que survivent les catégories. On se sentirait perdues, sans, j'imagine. C'est tellement rassurant de se sentir aussi bien cernée.

dimanche, juin 08, 2008

Chiennes


Samedi, au petit matin, dans une rue du 3e arrondissement, nous marchons, deux amies non-francophones et moi (le détail a son importance, faisant de moi la seule interlocutrice au dur monde extérieur). Une voiture, trois types autour, dont l'un de notre côté, le trottoir (ce détail a son importance, initiant sans le savoir tout un champ lexical). Il nous parle, je lui réponds gentiment, sans façon, mais bonne soirée. Jusque là, rien d'exceptionnel. Nous continuons donc notre route, dix, vingt mètres nous séparent maintenant d'eux. J'entends appeler "Hey, on vous ramène, les miss, les miss, on vous ramène!", une, deux, trois fois. Nous continuons donc notre route, trente mètres nous séparent maintenant d'eux. J'entends appeler "Hey, on vous ramène les chiennes!". Je m'arrête de m'éloigner d'eux, me retourne et les regarde. Celui qui parle sourit et s'approche en souriant encore. Son ami, lui, commence à crier des mots insalubres. Le premier sourit en demandant pourquoi nous nous étions pas arrêtées plus tôt. Il n'est pas encore à notre hauteur. L'autre continue de plus belle et s'emporte - vient tout en criant que nous sommes des putes. Je dis à l'autre qu'une discussion eut été encore possible, peut-être, mais là non. Le gros - il l'était réellement - arrive, je le regarde bien dans ses yeux à vingt centimètres plus haut, lui aussi me dévisage et déverse sa sentence de haut en bas: "vous n'avez pas répondu quand on vous appelait, vous vous retournez quand on vous traite de chiennes, allez vous faire enculer, bande de chiennes, vous êtes que des putes, allez vous faire enculer". Je l'ai regardé s'en aller, pétrifiée de colère et sale. Ensevelie sous cette horreur - dégoulinante sur moi. L'autre a voulu parler, il n'a pas pu. Tout était dit et j'étais déjà à terre - salie des mots, de toute la violence victorieusement répandue par son ami. Trophée de fin de soirée. Il est parti.
Je les ai haï et continue encore. (ce détail a son importance, même si je ne sais pas encore laquelle, si ce n'est celle qui me fait peur)


jeudi, juin 05, 2008

Thom Yorke - Videotape

mercredi, juin 04, 2008

Non mixité


Je me décide à utiliser pour une fois ce blog de manière ouvertement publicitaire - ouvertement, parce que je me rends compte à l'instant que de vous parler de telle musique, de tel endroit, de tel livre ou auteur constitue également un acte de publicité - rendre public mais aussi en faire la promotion. En ce sens, assumons clairement cette fonction : ce soir, je fais la pub d'une marche non-mixte : "Nous sommes un collectif de filles, femmes, féministes, lesbiennes, qui se mobilisent pour combattre toutes les formes de violences contre les femmes, générées par le système patriarcal" (cf. le profil du blog - dont je donne le lien:)

http://marchedenuit2008.blogspot.com/

Outre l'objet de cette marche, qui me semble légitime et hors de discussion ici, une dimension me paraît importante à souligner - parce que souvent décriée dès lors qu'on sort des cercles pro-féministes, ou qu'on en fait d'ailleurs pas partie : la non-mixité. (Et même,ne fait-elle débat au sein des certains cercles féministes? peut-être.)

J'entends souvent dire: "oh, c'est quoi ces trucs de moeufs?" ou encore "voilà du racisme anti-hommes" ou encore "c'est un truc pour les moeufs flippées des mecs". tout ça, bien souvent, avec au mieux, un air railleur, au pire, rageur, le plus souvent, dédaigneux, tout simplement.

Mais non, ce n'est pas aussi simple, justement. De une, oui, definitely my dear, c'est un truc de moeufs, les marches non-mixtes de femmes, so what? ce ne serait pas le premier lieu non-mixte (sans vouloir faire de la provoc, quantitativement, il y a plus de gars dans les quarts de virage, bien que je pourrais, presque, le regretter). De trois, non, ce n'est pas un truc de moeufs flippées des mecs. Bien qu'il y aurait des raisons d'être flippées de certains mecs, ou même plutôt de certaines dimensions systémiques des relations hommes-femmes. Pas flippées, parce que justement, elles font quelque chose. Pourquoi pas avec des hommes? J'en reviens naturellement au second point. Et bien tout simplement parce que même outre la pression que peut exercer même involontaire la présence d'hommes dans un groupe aux revendications féministes, il s'agit tout simplement d'un droit de réunion libéré justement de toute dimension hommes-femmes. Je crois que mon raisonnement est un peu circulaire, mais il est à l'état embryonnaire (je réfléchis en écrivant), alors je ne trouve pas d'autres termes. (d'ailleurs je suis preneuse d'autres arguments).
Je ne sais pas. comment dire. J'ai fait partie un jour d'un projet de soirée non-mixte à Berlin dans le quartier de Neuköln. L'enjeu, dans ce quartier habité majoritairement par une population turque, était d'ouvrir un lieu et un moment réservé à toutes les filles - et notamment aux filles du quartier. Ambition démesurée, me direz-vous. Oui, bien entendu ! Il s'avère que les seuls lieux de socialisation étaient occupés par des gars, ce qui, en l'état, prévenait toute sociabilisation et tout contact entre filles du quartier, toutes origines ou religion confondues. Bon, j'avoue, ça a fait un flop. C'est devenu la soirée super hype à ne pas manquer pour toute la scène féministe de Berlin. Pas l'ombre d'une fille juste venue voir comme ça. Bref.

Plein d'enseignements, malgré tout. Et notamment sur la question de la non-mixité. Plusieurs de nos amis mecs nous disaient, alors que nous préparions la soirée, qu'ils regrettaient amèrement de ne pas pouvoir venir, certains amers, d'autres rageurs, alors même que ces derniers étaient censés être féministes et défendaient dans la théorie le principe de non-mixité. Moi-même, j'ai regretté l'absence de certains d'entre eux, tant "ils sont mes potes". Et ben oui. Je sais pas.

Je crois que c'est tout simplement l'idée de se dire qu'on a le droit de se rencontrer entre nous. C'est à peu près tout - ce qu'il reste, en tous cas, de mes pérégrinations. Et c'est déjà énorme ! Je veux dire, affirmer à un moment ne pas avoir envie d'être entourée de types, c'est déjà en soi une grande avancée, je trouve.

Ah oui, dernier argument anti trucs non-mixtes: c'est un truc pour rencontres de lesbiennes. Oui et non. Oui, parce que comme dans tout lieu d'interactions sociales, il peut y avoir ce genre de rencontres. Non, parce qu'il n'y a pas que des lesbiennes - argument nul - le meilleur: même si certain(e)s ont du mal à le croire, même les lesbiennes peuvent sortir de leurs pénates pour faire autre chose que draguer !! non mais, quels sont ces présupposés sur l'intentionnalité des individus ? Ce serait ma foi bien réduire les individus que de les lire par un seul prisme sexuel.

VOilà. Tout ça pour dire que je trouve l'initiative bonne. C'est tout, je crois.

Ah non !

La musique de ce soir: The Ideal Crash, de dEUS.
Mais ne trouvant pas de lien potable, je vous fait suivre l'un de mes autres Crush du moment. Pas très original, mais au diable l'originalité.








mardi, juin 03, 2008

Zoya is hit music only.

Polifemo, de Porpora.

(disponible sur le disque 2 de la compilation Mélancolie faite à l'occasion de l'exposition du même nom au Grand Palais il y a trois ans).

Connected

Une soirée chez moi - pour changer.

Derniers jours pleins de sorties nocturnes et arrosées - et taciturnes à la rosée. Mauvais jeu de mot, mais aussi. Matins difficiles à lever - brouillard, brouillard, vite pourtant dissipé - mais les muscles sont sclérosés et avec eux l'amère volonté.

Décidé, donc, de rester chez moi ce soir. Et là s'apercevoir du terrible subterfuge trouvé. A l'ordinateur - connectée de partout au monde apparemment fui. A la recherche du moindre lien, petit fil sauveur, qui viendrait retenir le bras s'en allant.

S.T.O.P. = parler avec des points, comme les Romains armés. ça ressemble, en tous cas.

Il me faut donc me taire et retrouver le bleu du ciel pour quelques pages encore (je n'ose pas le finir, je crois, de peur qu'il ne prenne fin - ah - vive la circularité).


Fin de soirée

the needle and the damage done (de mémoire), de Neil Young. mais pas trop longtemps.
Rock & Roll Suicide, de... Bowie. (à chanter juste assez fort pour ne pas réveiller pour autant sa coloc) (à moins d'être assez pudique pour ne pas oser prononcer ces mots à la suite) (à l'infini, pour le coup)

dimanche, juin 01, 2008

Lendemains zébrés


Un message de retour, timide mais déterminé. Revenir, même si on était parti - depuis près de deux ans.

Bonjour, donc, en ce dimanche matin - 1er juin 2008.





Impossible de tout rattraper, alors on va faire l'impasse sur certaines choses, et faire comme si on ne s'étaient jamais quitté(e)s.

Si, attendez ! (là, je vous retiens par le bras, enfin, comme si)
Certaines lectures de jadis mais qui me retiennent encore l'esprit, et de là, les mots sur votre bras.
Night and Day, de Virginia Woolf.
The House of Mirth, d'Edith Wharton.
et puis même, tiens: Journal d'un homme trompé, de Drieu la Rochelle

et puis pour le côté... comment le qualifier - académique (par trop réducteur), politique (par trop réducteur, à moins que). Bref, je m'interdis toute entreprise de catégorisation.
La matrice de la race, d'Elsa Dorlin.
L'esprit straight, de Monique Wittig.

Ces deux derniers livres font réfléchir. je m'y mets, tout doucement. Le premier tient presque de la révélation - une analyse fine, élégante et puissante tout à la fois. Exercice d'équilibriste réussi. L'attraction et la puissance d'une approche foucaldienne sur les liens entre création des discriminations de sexe et de race. Assez... sublime. Je m'emballe, pardon.
Le second? Une lecture fléchée. si tu devais me recommander un livre sur le féminisme. celui-ci, sans hésiter. le premier sur lequel je sois tombée, il y a quelques années. d'accord, parfait, merci. je m'y mets donc dès ce soir, après l'avoir cherché dans trois librairies - l'obsession a ses raisons que la raison ne connait pas, manifestement. Pas encore fini. Moins beau que le premier. Mais de l'ordre des fondamentaux, me semble-t-il. Quoique, j'aurais certaines questions ou bémols à émettre. Pas aussi évident que ça en a l'air.

Voilà pour la bibliographie.

Mais revenons au présent. Le bleu du ciel, de Bataille.

Et le passé proche. Hier soir, soirée des panthères roses. Très sympa, bien que je ne crois pas avoir réussi à me détacher de trop de choses pour en profiter pleinement - légèrement. Des fantômes surenchéris par une apparition. De quoi me faire perdre pieds, en tous cas.

Lendemains zébrés, lendemains zébrés - du blanc et du noir, alternativement.

Le ciel prometteur de ce matin s'est évanoui. Celui d'hier aussi. Peindre ses ongles et sa bouche pour se donner des contours. Assez.