Je me décide à utiliser pour une fois ce blog de manière ouvertement publicitaire - ouvertement, parce que je me rends compte à l'instant que de vous parler de telle musique, de tel endroit, de tel livre ou auteur constitue également un acte de publicité - rendre public mais aussi en faire la promotion. En ce sens, assumons clairement cette fonction : ce soir, je fais la pub d'une marche non-mixte : "Nous sommes un collectif de filles, femmes, féministes, lesbiennes, qui se mobilisent pour combattre toutes les formes de violences contre les femmes, générées par le système patriarcal" (cf. le profil du blog - dont je donne le lien:)
http://marchedenuit2008.blogspot.com/Outre l'objet de cette marche, qui me semble légitime et hors de discussion ici, une dimension me paraît importante à souligner - parce que souvent décriée dès lors qu'on sort des cercles pro-féministes, ou qu'on en fait d'ailleurs pas partie : la non-mixité. (Et même,ne fait-elle débat au sein des certains cercles féministes? peut-être.)
J'entends souvent dire: "oh, c'est quoi ces trucs de moeufs?" ou encore "voilà du racisme anti-hommes" ou encore "c'est un truc pour les moeufs flippées des mecs". tout ça, bien souvent, avec au mieux, un air railleur, au pire, rageur, le plus souvent, dédaigneux, tout simplement.
Mais non, ce n'est pas aussi simple, justement. De une, oui,
definitely my dear, c'est un truc de moeufs, les marches non-mixtes de femmes, so what? ce ne serait pas le premier lieu non-mixte (sans vouloir faire de la provoc, quantitativement, il y a plus de gars dans les quarts de virage, bien que je pourrais, presque, le regretter). De trois, non, ce n'est pas un truc de moeufs flippées des mecs. Bien qu'il y aurait des raisons d'être flippées de certains mecs, ou même plutôt de certaines dimensions systémiques des relations hommes-femmes. Pas flippées, parce que justement, elles font quelque chose. Pourquoi pas avec des hommes? J'en reviens naturellement au second point. Et bien tout simplement parce que même outre la pression que peut exercer même involontaire la présence d'hommes dans un groupe aux revendications féministes, il s'agit tout simplement d'un droit de réunion libéré justement de toute dimension hommes-femmes. Je crois que mon raisonnement est un peu circulaire, mais il est à l'état embryonnaire (je réfléchis en écrivant), alors je ne trouve pas d'autres termes. (d'ailleurs je suis preneuse d'autres arguments).
Je ne sais pas. comment dire. J'ai fait partie un jour d'un projet de soirée non-mixte à Berlin dans le quartier de Neuköln. L'enjeu, dans ce quartier habité majoritairement par une population turque, était d'ouvrir un lieu et un moment réservé à toutes les filles - et notamment aux filles du quartier. Ambition démesurée, me direz-vous. Oui, bien entendu ! Il s'avère que les seuls lieux de socialisation étaient occupés par des gars, ce qui, en l'état, prévenait toute sociabilisation et tout contact entre filles du quartier, toutes origines ou religion confondues. Bon, j'avoue, ça a fait un flop. C'est devenu la soirée super hype à ne pas manquer pour toute la scène féministe de Berlin. Pas l'ombre d'une fille juste venue voir comme ça. Bref.
Plein d'enseignements, malgré tout. Et notamment sur la question de la non-mixité. Plusieurs de nos amis mecs nous disaient, alors que nous préparions la soirée, qu'ils regrettaient amèrement de ne pas pouvoir venir, certains amers, d'autres rageurs, alors même que ces derniers étaient censés être féministes et défendaient dans la théorie le principe de non-mixité. Moi-même, j'ai regretté l'absence de certains d'entre eux, tant "ils sont mes potes". Et ben oui. Je sais pas.
Je crois que c'est tout simplement l'idée de se dire qu'on a le droit de se rencontrer entre nous. C'est à peu près tout - ce qu'il reste, en tous cas, de mes pérégrinations. Et c'est déjà énorme ! Je veux dire, affirmer à un moment ne pas avoir envie d'être entourée de types, c'est déjà en soi une grande avancée, je trouve.
Ah oui, dernier argument anti trucs non-mixtes: c'est un truc pour rencontres de lesbiennes. Oui et non. Oui, parce que comme dans tout lieu d'interactions sociales, il peut y avoir ce genre de rencontres. Non, parce qu'il n'y a pas que des lesbiennes - argument nul - le meilleur: même si certain(e)s ont du mal à le croire, même les lesbiennes peuvent sortir de leurs pénates pour faire autre chose que draguer !! non mais, quels sont ces présupposés sur l'intentionnalité des individus ? Ce serait ma foi bien réduire les individus que de les lire par un seul prisme sexuel.
VOilà. Tout ça pour dire que je trouve l'initiative bonne. C'est tout, je crois.
Ah non !
La musique de ce soir: The Ideal Crash, de dEUS.
Mais ne trouvant pas de lien potable, je vous fait suivre l'un de mes autres Crush du moment. Pas très original, mais au diable l'originalité.