mardi, janvier 31, 2006

Trop de siste tue...

Oh putain.

J'ai encore fait de la merde.

Pas cool du tout. Je veux dire. Non, j'ai même pas envie d'en parler, tellement c'est minable. Bref. Et le pire, c'est que voilà je tenais plus rien du tout - je veux dire, rien à battre de rien. Alors tant qu'à faire. Ou presque. Ou presque, parce que sur le moment, non, rien à battre - et avec le recul, punaise qu'est-ce que je peux être con. C'est monumental. Soit.

Je dois filer au lit, j'ai les yeux comme des palourdes et la gorge comme un ravin. Il faut dormir et peut-être que tout sera beaucoup plus propre, demain. Mais j'ai de sérieux doutes là-dessus. Non, non, rien ne sera plus propre, ce sera pire encore. La saleté, ça s'accumule, c'est pas comme le bonheur, qu'on s'empresse d'oublier - pour surtout pas trop le regretter, et avoir le droit de ronchonner - au mieux - de tout casser - au pire.

Alors voilà, demain le sang ne sera pas lavé, il aura durci, au mieux, tâche moins voyante mais définitivement ancrée sur le revers de ma veste.

C'est pas trop grave, en fait, ça s'apprend, je suppose, de vivre avec la conscience d'un meurtrier.
Petite, j'ai toujours eu la candeur de croire - et d'affirmer - que si je devais tuer un jour quelqu'un, intentionnellement ou non, je me tuerais à mon tour - la culpabilité me serait insupportable. Et bien, non, comme quoi. On arrive à vivre avec tout, et puis même, le pire, avec rien.

lundi, janvier 30, 2006

Remarques post-partiales

Bonjour!

Me voilà, vivante, encore, à écouter une chanson qui m'entraîne, bien trop loin, à vrai dire, vers là où je ne contrôle rien - l'ivresse, l'ivresse, d'un instant, juste, de se sentir, là. Mais la chanson est un peu stupide, bien qu'efficace, et je me rends compte du caractère éphémère de cet état.

Bref.

J'ai, ce matin, écrit ce qui peut-être était le dernier examen - de ma vie! Je veux dire, en milieu universitaire... un partiel, quoi. Sur table. Trois heures. Assiste-t-on à un retrait de l'Etat?

Parvenir, un jour, certainement, à se réjouir.

Réconforter ma mère sans répondre à sa question. Ca, j'y arrive.

Aller faire ma lessive et des courses. Ca, déjà, c'est plus dur - j'y pense parce que là sans rire.

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Ce soir nous fêtons, avec certains de mes copains de cours. Petit repas. Charles tient absolument à nous faire du boeuf bourguignon, alors qu'il ignore tout de la recette. Pourquoi pas. Et puis moi la salade, quelqu'uns sur le vin, deux sur le fromage. Je me réjouis.

Rien de bien intéressant, somme toute, à raconter, si ce n'est ce petit sentiment de joie contenue alors que j'ai déblatéré sur l'avenir de l'Etat pendant trois heures, et surtout, surtout, que le soleil règne en maître aujourd'hui.

Oui, il règne!, il règne! Il commence déjà à se retirer, tout doucement. Mais peu importe. Je m'en suis remplie les yeux, alors que j'attendais le bonhomme vert au croisement du boulevard st germain, avec mon allier dans l'axe de la rue - reims, n'est-ce pas, tapis vert jusque cette tour immense. Le soleil et la tour, le soleil et la tour. Plein les yeux, plein les yeux, que je m'en suis mis, parce que la perspective était imprenable, du haut de cette petite félicité de liberté. Pour un peu ça m'aurait chatouillé dans le ventre - des papillons! des papillons!


Pour ne pas se laisser prendre à tout ce manège, il suffit de réfléchir un peu. Alors tout va mieux, on redescend. Manquerait plus qu'on se laisse prendre en traître.

S'en prendre plein dans la figure tellement qu'on voudrait plus se relever. Mais on le fait quand même, d'abord par intermittence - juste parfois, et quand on s'en rend compte, on s'empresse de se remettre à terre. Mais peu importe, finalement.

Et puis la suite? Je ne sais pas. Je n'y suis pas encore.


BREF!!!!!!!

Punaise je suis en train d'écouter des trucs de mon pc que j'avais jamais... écouté. Merci la répétition. Ben dis donc, j'avais rien manqué. Ouh la la... Y en a qui ont pas froid aux yeux. Je veux dire, sans rire, des trucs vraiment nuls. D'ailleurs, seconde, je zappe.

Bon, tout ça pour dire que c'est le moment post-partiel où on a envie de rien faire du tout. Alors même que plein plein de trucs nous attendent. Tant pis, ça attendra, comme tout. Tout attend. Alors pourquoi pas ça.

Y a certains trucs que j'ai un peu dans la tête, que je voudrais certainement écrire ici un jour. Des trucs un peu cons qui se basent juste sur un titre que j'ai dans ma tête, des autres trucs sur des trucs que je pourrais éventuellement faire l'an prochain, des autres trucs encore que je pourrais éventuellement faire cet été. Mais ça aussi, ça attendra.

Dans huit heures

... j'aurai déjà commencé mon partiel - ça tue, ça, non?

Il est vrai que j'ai déjà fait pire, certainement, mais je n'avais posé la question en ces termes. Dans huit heures, je serai déjà devant ma copie vierge encore, ne demandant qu'à se faire déflorer. Mais en serai-je capable? je veux dire - correctement. Peu importe. Je vais la rendre plus jolie ou moins, je ne sais pas, mais je vais en faire quelque chose, de cette page blanche.

J'ai ouvert un peu ma fenêtre, en face de moi, et sens depuis quelques temps le froid m'entourer la gorge de plus en plus fort - mais je n'ai pas réagi, obéissance forcenée à son violeur ou pure flemme, je ne sais pas. Peu importe, j'espère que je ne serai pas en proie à quelque rhume, demain. Non!

Ramses, certainement, qui prend un bain - je l'entends - ce ne peut être que lui, à cette heure-là, me semble-t-il.

Je m'en vais aller me coucher dans mon froid de canard qui sent malgré tout la cigarette - non, non pas qui la sent, mais qui la respire, qui l'incarne - tant de fumée, tant de fumée.

Bon, comme dirait l'autre, quand faut y aller, faut y aller. - ça tombe bien, fin de la chanson - tout pile!
Bonne nuit, endormeurs endormis.

samedi, janvier 28, 2006

Des métros à travers la plaine

Te chercher, partout,
toujours, des yeux.

Et ils se détraquent
et partent en vrille
l'un à droite, l'autre à gauche,
et mon corps démembré
déchiré par ces métros
qui n'en finissent pas de tirer.

Mais je ne saurais - jamais !
te trouver.

C'est facile, finalement

Belle et du jour,
tu te tournes,
silhouette


tu es ma gauche.

tout est dit.

mercredi, janvier 25, 2006

Matto et moi

Bon et bien je suis un peu con. On le savait, oui, je sais, cette dépendance au sentier...

Le contenu de ma bêtise d'aujourd'hui?
Ma tendance affirmée à l'irrationalité, parfois, et au masochisme, souvent.

Pourquoi?
parce qu'au lieu de bâcler comme il se doit mon exposé d'allemand... j'y ai pris quelques heures toutes délicieuses. Et oui. Et ma journée, de se terminer, déjà. Mince.

En gros, j'ai pas mal trippé.

Non mais c'est vrai, j'y ai mis du mien - non pas tant dans la forme - je me fichais presque éperdument de la qualité de mon allemand - globalement, pas pour certaines phrases - que dans le fond - qui s'avérait, comble du comble, être justement, la forme.

J'évacue en deux deux l'objet même du cours - le polar allemand - pour extraire ce qui est pour moi la joie même de ce livre - juste les mots et leur disposition. Non mais sans rire. Bon, certes, outre la question polar ou non et en quoi, il est vrai que le thème demeure intéressant - une enquête initiatique dans un hopital psychiatrique. Mais bon, même ça, au final, ... ce n'est que l'excuse par laquelle Glauser nous emmène avoir un peu peur devant les chants d'accordéon venant d'on ne sait où. Et puis, ce Studer, der des der, petit flic de la première heure, des couilles de taureaux à la retraite, pragmatique et tout, et bien il commence à s'y plaire, le salaud - et lui, de nous perdre aussi - mais on le veut bien, parce qu'au final, ni lui ni nous n'avons envie de connaître le fin mot de l'histoire. Du reste, même à la fin, je dois avouer ne pas avoir compris. J'entends, comment le meurtre s'est passé et puis son motif... tout s'explique et puis pouf, le docteur Laduner arrive et fout tout parterre de nouveau. On n'en est pas sorti, de cette auberge pour âmes en fuite - qui veulent en sortir.

Mais bon voilà. J'ai bien aimé parler des descriptions, qui deviennent de plus en plus sensibles et psychédéliques. J'ai bien aimé parler de la lumière qui change de visage selon les moments, des bruits, de la musique, de la femme de Laduner qui chante, seul réconfort pour notre héros dérisoire, de Pieterlen Peter, fou parmi les fous, parce qu'il a tué son enfant à la naissance, et qui pourtant ne l'est plus, fou, ou pas vraiment, même s'il ne regrettera jamais son acte.

Et puis le docteur Laduner. Trop drôle et inquiétant en même temps. Parfois, je me l'imaginais en prof de tennis ridic des années 1980, grand et bronzé - il est vraiment comme ça, mais bon, pas autant certainement que dans mes représentations des profs ridic dans les films, profs qui se tapent toutes les touristes dans les club meds. Bref. Pas évident, de pas rire. Et puis en même temps, il demeure mystérieux, le salaud, au point où on croit toujours que c'est lui, le coupable. Mais non, il n'en avait même pas besoin...

Et puis la question de la maladie mentale. De son acceptation dans la société et tout et tout. C'est intéressant, aussi, quoique moins, déjà. Bref. Pour cela, je renvoie à des livres spécialisés. Moi, je n'y connais que trop rien.

Enfin bref, un petit bonheur cet après-midi - un surplus qu'on aurait pas du manger, la friandise après un repas par trop gourmand, déjà. Oh!, j'aurais pas du, je vais regretter, ... après. Mais bon, il est trop tard. Trop tard pour regretter de ne pas avoir bâclé ce travail au profit de quelque autre travail bien plus "important". Bref.

Je m'en vais me coucher - 00h22 - exceptionnellement tôt. Bon, une grosse journée, demain. Bonne nuit.


mardi, janvier 24, 2006

Full merger

Ben punaise!

Ce soir, email de Piotr, copain de collège, puis ptite discussion sur msn. Assez drôle mais décontenancant aussi.
Le jeune homme ne cesse de me faire des allusions certes droles, parfois, mais lourdes à la longue, et puis insiste sur le coté "dommage que t'aies pas de webcam", (je tais l'accoutrement, ou le manque, qu il me voyait à ce moment là). Et puis maintenant il veut mes numéros de téléphone. Bref, c'était sympa mais un peu chelou aussi. En vrai, à un moment, je crois que j'ai eu un peu peur. Style, et bien oui, il est devenu totalement taré et s'est mis en tête de me harceler. Style il faisait semblant d'être à nancy (c'est là qu'il réside) et en fait il était déjà dans la pièce d'à côté en train d'égorger keul silencieusement.

Mais non. Point du tout. Juste un ancien pote certainement un peu trop loquace. Soit.

J'ai méchamment torché ma dissert d'allemand. Tant pis. Je me rattraperai - peut-être sur l'exposé et le test en classe le même jour. Et oui, des fois, les jours ne connaissent pas les loisanti-concurrentielles.

Cependant que je parle de concurrence, je pense à mon mémoire dont l'étude de documents aujourd'hui fut pour moi une source toute inopinée de plaisir.

Tenter de démêler coute que coute les fils de cette machine à faire des araignées qu'est la structure capitalistique des industries aérospatiales et de défense. En gros, je pense que c'est impossible. Je veux dire, tout simplement, c'est trop compliqué. Chaque groupe a mille milliards de mille filiales - de préférence fusionnées avec les mille milliards de mille filiales de leur plus "direct" concurrent. Et ils sont pires que les rois! Facile, que je t'apprenais par coeur les lignées royales sur des siècles !, mais là, mais là ! C'est pire que tout. Refaire la généalogie est impossible. Y a que des bâtards. Tous couchent avec tous, de préférence entre frères ennemis, pour mieux pouvoir retourner la dame de pique par la suite. C'est incroyable les bras m'en tombaient - de joie? Je ne sais pas. Je ne pense pas parvenir à établir un tableau clair des restructurations depuis le milieu des années 90 (parce que c'est même impossible de rester à une échelle française, et sans parler des problèmes de délimitation du secteur industriel - mais oui, c 'est cela, il faut prendre en compte aussi la défense et les équipementiers!), mais bon si je ne parviens qu'à en établir un tableau grossier, j'aurai déjà beaucoup de mérite - et aucune chance pour que quelqu'un vienne me contredire, pour le coup. Je ne sais pas si cette idée me plait réellement. Soit.

Non mais bon je dois la mettre encore un peu en veilleuse, mon envie de m'y replonger, trop d'autres choses à faire pour l'instant. Mais promis, quand j'ai un peu de temps de libre, je m'y plonge à corps perdu, dans cette étude pour le moins absurde.
Je crois que l'absurdité m'est quelque part nécessaire. Les sujets que je trouve a priori intéressants me gênent. A savoir, je les trouve risibles et dénués d'intérêt réel. Je kiffe ma race de parler d'avions et de fusion par le bas ou par le haut. De conflits d'intérêt autour de la forme de l'actionnariat. Parce que cela me désintéresse au plus haut point, dans ma vraie vie. Et puis en même temps c'est devenu pas si absurde que ça, dans un sens, parce que j'aime à penser que je suis en train d'aquérir un savoir technique, une connaissance précise. Sur un choix tout à fait contingent. Enfin bref, je pense que vous m'aurez saisie.

Doit-on nécessairement aimer ce que l'on fait? Je veux dire, le mythe de la personne passionnée par son boulot? n'est-il pas plus fascinant et facile (parce qu'on peut toujours se cacher...) de s'atteler au sujet le plus absurde que la terre ait porté?

Bonne nuit.

lundi, janvier 23, 2006

Les douze ans j'amarrais haute

A bas les infamies
mes lèvres ternies
le silence de pierre
et le gris dans tout ça


lune des incendies
d'hier
qui se répète et balbutie
les lamentations séculaires


Laver l'avenir
je ne puis y parvenir
et mes tâches d'ombre
colorent mon visage


Les curés s'apprêtent à dire la sainte messe
et je les observe, et tente de prier
pour plein de choses
superstition de bas étage
alors j'ai honte et me repens
- très sincèrement


Rester à marée haute
tant pis pour les pantalons
mouillée ce n'est pas grave
et voir le courant tout emporter
meme le chateau nouvellement édifié
Audace, audace - témérité!
rester à marée haute,
meme si tout est détruit devant nos yeux
rester à marée haute
pour ne plus jamais les mêmes erreurs
rester à marée haute
pour pouvoir recommencer
- de nouveaux coquillages, un nouveau sable -
pour toujours l'invariable même chateau
- le plus fort! le plus beau!


Petite pierre à l'édifice de l'effort de guerre.

Tomber dans un fossé en guise de ravin
cela suffit pour s'écorcher
- la gueule de dire pardon?
mais je dois me taire
et mes bons mots ravaler
une façade en guise de visage
pour paraître sans en avoir l'air
d'une toute petite maladresse se préserver
dans le silence murée

ou plutot
dans l'absence ou la transparence. que je me cache.

on me voit à travers.

et je n'aime pas ce que j'ai à montrer, et puis, surtout, ma laideur ne regarde que les gens que j'aime.

à eux, j'ai le grand tort de ne leur montrer que ça. et vlan, prends toi ça dans ton doux visage, mon doux ange. prends toi ça et vois, vois-moi, vois comme je suis petite et faible et laide.

Mais non. personne n'est laid que d'une certaine perspective, qu'il conviendrait de mettre en exergue.

Mon doux ange, mon doux ange,
montre toi que je te vois
montre moi tes douces mains et
ton doux visage, mon doux ange

Mais peut-être veut-on parfois ne montrer que la perspective d'où on est laid.

Mon doux ange, mon doux ange,
permets que je te sente
à nouveau, sur mon épaule
et dans mon dos,
comme un souffle
sur ma nuque effarée
comme un geste de bonté.

Mon doux ange, mon doux ange,
nous reverrons-nous jamais?
cette perspective m'effraie
t'avoir perdu,
mon doux sourire
mon bonjour enfariné.


Parler comme pour extraire,
des cailloux alors qu'on cherche des cailloux
comme pour aborder la quête sereine
le vent est contre nous.

Et puis à quoi bon, je dois aller dormir, encore et encore, alors que mon sommeil me fait peur, j'ai recommencé à faire des rêves épuisants. Mais comme dirait un sage qui s'ignore, y a pas le choix.
Je m'en vais donc, à la fin de cette chanson - promis.

Oui, toujours la même, que j'ai ingénieusement classée dans mon répertoire "chansons du bonheur": the way you were, the day we met, the way i lit your cigarette".

Bon, ça y est - elle est pas longue.
aurevoir je me depeche.


dimanche, janvier 22, 2006

A moitié pleine, manifestement

S'accorder un dernier instant de répit, avant que ne se livre la bataille - l'énième, et surement pas la dernière.

Repartir de zéro - chaos de ma chambre - vastes landes tortueuses - un cheval qui ne veut pas se laisser monter - par trop tumultueux et indigeste, l'animal impétueux.

Le temps de reprendre des forces - une dernière cigarette, avant que de devoir s'y atteler.

Je ne me sens ni la force ni l'envie, au moment où je vous écris. Tout me semble par trop gris - trop, trop, et je me sens à l'instant si petite, si petite, et si grise, moi aussi. Une envie de s'y fondre, sans demander son reste ou attendre un plus profond ennui - encore.

Pas d'envie, et pourtant, et pourtant, je vais le faire, malgré tout. Ne dis-je pas à qui veut l'entendre - et qui ne le veut pas? - que de toutes manières, ce sera fait. D'une manière ou d'une autre. Comme une litanie. Ce sera fait. D'une manière ou d'une autre. Ce sera fait. D'une manière ou d'une autre. Comme une litanie. Italie. Que j'ai si mal connue.

Je le ferai. Plus que quelques secondes à perdre, comme pour me mettre au pied de ce putain de mur que je ne voulais plus jamais voir, plus jamais, à force de réactions tout aussi tortueuses et impétueuses - la passion malgré tout ou la résignation. Et pourtant il est là - et me renvoie tout le reste à la figure. Ces landes, ces landes, comme une litanie.

Jamais plus je n'irais à Capri. C'est fini. Et pourtant j'en contemple encore tous les jours la carte postale écornée et désuète.

Fin de partie. Je n'ai plus le droit de jouer, si ce n'est à la personne responsable. La même qui quelque part m'a égorgée, il n'y a pas si longtemps de cela.
Alors je me fonds en elle et étouffe, à mesure que j'affleure. Se glisser dans la peau de son meurtrier et y simuler la fusion, le mieux qu'on peut. Des cris de bonheur pour cacher ceux de tristesse.
D'insondable tristesse, pas tout le temps, mais des fois. Des fois. Quand un rêve me rappelle mes maux et mon bonheur passé. D'autres fois, aussi. Oh!, pas tout le temps. Non, pas tout le temps.

Je vais faire semblant d'en éprouver du bonheur, du plaisir, de cet amour que je fais avec mon meurtrier les yeux grands ouverts. Jouer au bulldozer quand on ne demanderait pas mieux qu'une petite pause, dans ce simuli de force et de maîtrise.

Nourrir une maladresse interdite
Quand il faudrait avancer
reculer n'est pas jouer

regarder en arrière
ce n'est pas bien
et tu le sais, toi
qui avances
mais des cadavres encombrent mon chemin
le silence et le silence


je tente de le faire mien
le nourrir le soigner
comme la seule chose qui me reste
plus de mots non plus de mots
de ma gorge engourdie
plus d'envie non plus d'envie
de mon visage
que je fais le plus expressif possible
malgré ce calme qu'il s'obstine à garder.

Une bouteille
qui est manifestement à moitié pleine,
oui, manifestement à moitié pleine.

Every season has an end.
I try to see through the disguise
but the clouds were there
blocking out the sun.

Pardonnez moi cette interférence,
ma claire révérence,
à l'absence qui ponctue les lignes
des visages indigents


Complexe

Pour l'heure il n'est plus temps
même les plus beaux souvenirs
ont leur moment


Circonflexe -
il faut demeurer

Comme une maison
en forme d'épée


Pas du tout!
Je ne sais que trop la manier!
je veux oublier! oublier,
- toutes les manigences.

mercredi, janvier 18, 2006

Juste deux phrases

Quelques écrits ont suscité quelques réactions - autant de la part de mes colocs, que de moi-même.
Oui, ça peut être marrant de tenir un petit journal comme ça pour raconter, de son point de vue, quelques expériences partagées. Oui, ça peut permettre de faire comprendre pourquoi on faisait un peu la gueule un soir - ou quand on montait l'escalier - après le sport.

Ceci dit, je me rends compte que les choses qui me paraissaient les plus importantes sont celles que j'ai le plus mal dites. Je veux dire, écrire ici, c'est du pas finalisé, c'est de l'émulsion de "il faut que ça sorte", rien que ça (enfin...). Certains textes, je pourrais maintenant les résumer en deux phrases courtes. Alors bien sûr, ce n'est pas le but, de faire du concentré - mais en fait si. Peut-être pas ici. Je ne sais pas. J'ai honte maintenant de certains épanchements. Mais refuse de les supprimer ou de les modifier, par souci d'honnêteté. Comme quand on parle et qu'on ne peut pas revenir en arrière et effacer tout ça - même si on s'est laissé emporter, même si on a parlé plus fort qu'on voulait - bien trop fort.

Et c'est embêtant, ce souci d'honnêteté. Parce que je voudrais bien les écrire, ces deux phrases. Mais il n'est plus l'heure.
Elles resteront donc dans mon carnet ou dans mes lettres. Peut-être est-il bon de conserver ces sortes d'antichambres. Tout ne filtre pas, non.

Est-on responsable de ses rêves, pour reprendre la question du site de mon aKeulyte.
J'aurais tendance à croire que oui. Je ne sais pas. Un truc comme, même s'ils ne révèlent pas nécessairement ce que l'on se souhaite, ils révèlent quelque chose quand même. Loin de moi l'idée, justement, de légitimer une psychanalyse impérialiste - et galvaudée, vulgarisée, actuellement, selon laquelle "il est névrosé ce type", "j'en peux plus je deviens schizo", "ça va pas du tout, je crois qu'il faut que je cherche du côté de mon enfance pour voir si éventuellement avec un peu de chance je me serais pas faite violée collectivement par ma famille alors que je n'en étais qu'au stade oral". Tout ça pour dire que c'est la période des partiels et que non, la vie, c'est pas toujours super marrant.
Non, je ne légitime pas ceci, et j'entends même le combattre - cela passe par un combat quotidien, je vous assure, envahi que nous sommes de cette déferlante. Bref.

Ceci dit, voilà, oui, je pense qu'on est responsable de ses rêves. Ceci dit aussi, ceci n'a de valeur que si l'on s'en souvient, quelque part. Et cela n'est pas chose commune - en tous cas pour mon coloc. Je ne sais pas trop comment développer ça. Ptet y a pas besoin. Cela me semble assez évident. Après, c'est peut-être sur le terme "responsable", qu'il faut se pencher. Pourquoi en serait-on "responsable", entendu dans un sens de culpabilité? Il me semble que les rêves sont bien la partie de nous au sein de laquelle nous jouissons d'une liberté folle! Fais ce que tu veux, transforme toi en star porno en bambi ou en looser, peu importe. De là à vouloir absolument tirer des conclusions de ses rêves... non, je ne pense pas que cela soit nécessaire. Bien entendu, et c'est là la valeur de ce travail, a priori, tout est question d'interprétation: décision d'interpréter et direction de l'interprétation par le sujet lui-même. En ce sens, il n'y responsabilité que si l'individu y décèle certaines dimensions déjà pressenties - me semble-t-il - et qu'il craint, éventuellement. Parallèlement, un rêve insolite pourra apparaître bénin parce qu'insolite justement. Me semble-t-il, toujours (je précise parce que je me rends compte à l'instant du possible accent horriblement académique de mes petites remarques).

Bon enfin bref, tout ça pour dire que tu rêves ce que tu veux, du moment que ça te plait. Si tu commences à faire des rêves, aussi communs par ailleurs soient-ils, mais qui ne te plaisent pas, ben ça c'est bien plus dérangeant.

Au début de mon séjour à Berlin, je rêvais constamment d'un assassin. Une sorte de fil conducteur de mes nuits. Au point où je n'allais plus dormir - qu'avec réticences, parce que quand même sinon j'aurais pas tenu longtemps - allez ma grande, va te faire zigouiller, c'est pas grave c'est pour de faux, y a pas le choix faut bien que tu dormes. Mais c'est même pas moi, je crois, qui étais la cible première. Après, oui, parce que forcément à partir du moment où t'es impliquée et que en plus tu cherches à défendre un minimum la cible - une personne chère - ben tu rentres dans son colimateur... Enfin bref.

Ou alors aussi, le rêve récurrent de mon enfance. Courir, courir, dans la forêt (fuir un tueur, encore une fois), entrer dans une église, y voir des animaux un peu mutants comme dans les dessins animés en train de se marier, avoir l'impression d'être morte parce que personne ne vous entend crier, manifestement, jusqu'à ce que l'un d'eux se retourne et dise qu'il est trop tard.

Ouaip. Bref.

All those endless ends, that can't be tied
oh they make me laugh
and always make me cry.

(désolée pour l'insertion toute ridicule de petites phrases, mais bon j'écoute la chanson à l'instant et voilà)

all these funny little plans
that never work quite right

(i) bis (squs)

Ah! je vois que je ne perds rien de ma verve humoristique.

Et bien, je crois qu'il est pour moi l'heure de m'en retourner dans mon lit, bunker s'il en est.

Je voudrais bien que demain il ne pleuve pas.

je voudrais bien... que les guerres s'arrêtent, que l'amour règne entre les peuples et les gens, que tout le monde soit heureux, même les pauvres qui se seraient tous enrichis grâce à la vente de leurs actions et obligations, je voudrais que le soleil brille tout le temps et qu'on soit pas obligé de travailler, je voudrais avoir de l'argent, des filles nues autour de moi dans une ferrari - non! ça, c'est la réalité des rappeurs américains west-coast et le rêve de mon petit Keul! Je me suis trompée! Pardon! (autre rêve encore plus fou de ce petit idéaliste chevronné: l'avènement de la 6e république)

Bon, et bien je me rends compte qu'à part cette petite requête météorologique - Dieu, si tu m'entends... - je n'ai point de désir - exprimable, réalisable - mais les désirs doivent-ils l'être? je veux dire, n'en ai-je pas parce que j'estime qu'ils ne sont pas de l'ordre du réel? Je n'y crois guère. A quoi? je ne sais pas. Je ne sais pas à quoi je ne crois pas. C'est mal parti.

Bon.

Into a dream, I took a train,
and promised to return

(il le fait, dans la chanson - putain c'est pas réaliste - en même temps, on peut dire, pour une version moins optimiste, on peut citer en réponse l'inoubliable "La bas" de JJ Goldman, qui hurle en duo: "là bas, tout est neuf tout est sauvage, libre continent sans grillage, ici, nos rêves sont étroits, c'est pour ça que j'irai là bas". Plus loin, lui, de rajouter une couche en face de sa moeuf qui manifestement n'en peut plus, au vu des glapissements de tristesse qu'elle émet : "là bas, loin de nos vies, de nos villages, j'oublierai ta voix, ton visage, j'ai beau te serrer dans mes bras, tu m'échappes déjà, la-bas". Il est pas gonflé sans rire. Non seulement il la quitte, mais il lui explique que bon tant qu'il est là c'est ok pour se la faire, mais là bas, pas de prob pour l'oublier. En même temps, c'est pas faux. En même temps, je suis déjà découverte: n'etait-ce pas déjà biaisé que de prendre comme argumentaire cette chanson? n'ai-je pas déjà jeté un voile d'opprobre sur la partie défendante - à savoir pessimiste? N'était-ce pas mieux délégitimer cette thèse? Ah ah! que d'entourloupes! Non mais en vrai c'est compréhensible, tout à fait, de pouvoir être là et puis oublier là bas.
Ceci dit, je m'en contrefous. Tout ça pour dire que j'aimais bien cette phrase, celle du début, d'avant cette saleté de référence pour laquelle je suis quand meme allee chercher les paroles pour citer respectueusement - rendons à césar ce qui lui appartient, gott sei dank !

BREF. saurais-je un jour finir? Quoi que ce soit, d'ailleurs? Finir. Rompre. Couper. Arreter. Non. Vous aurez remarqué avec effroi que je suis encore dans une parenthèse. - ah! c'est bien trouvé, ça.)

Votre silence a finalement raison de moi.

mardi, janvier 17, 2006

Bilan sportif

Alors c'est bien simple: je ne bouge effectivement pas sans avoir l'air d'être emplatrée de partout, tellement je suis rigide et je grimace parce que ça me fait mal.
Et pour le genou, j'ai un bleu de 10 centimètres sur 6.

ça, c'est fait.

Le mythe du triangle

Bon alors que les choses soient claires. Mystère élucidé. Remise dans le contexte: la décadence de notre soirée de vendredi. D'ailleurs, à ce propos, j'ai oublié de préciser que Brice a joué au papa à l'encontre de tous mes prétendants, d'un air amusé (caché, parce que de dehors, il avait l'air sérieux) il va sans dire, au point où j'ai eu des réclamations "putain c'est qui ce type?!", moi de répondre "mon coloc", d'un air encore plus fière que s'il s'agissait de mon papa. Bref. Et - pour d'autres raisons - il a meme foutu un coup de boule à l'un d'entre eux. Bref, c'était drôle (pas vraiment en fait, parce que ça la foutait un peu mal pour l'anniversaire de C.). Surtout que Ramsès a pris le relai un peu en boite, à grogner devant le Brésilien qui venait de m'inviter à danser " c'est trop tard, mec". A deux reprises. Bref.

Voilà pour les souvenirs drôles. Passons au mystère. Keul me dit, d'un coup d'un seul, en pleine euphorie pourtant mais juste avant un moment où il allait rester tout seul au bar: "demain ou ce soir, je te dirai un truc". Moi de flipper, non, d'abord, d'insister, "allez, t'es relou, dis le tout de suite". Lui de résister. Et puis silence, du coup j'insiste pas, je me dis, c'est ptet un truc un peu grave, ou un peu chiant, il m'en parlera plus tard, quand il se sentira, bref. Ok.

Et là, discussion avec Keul: et oui, j'avais pas rêvé, C. nous a bien proposé un truc à trois. Et oui. Je n'avais pas pensé à ça comme truc relou ou grave. Mais sur le coup, à la soirée, je m'étais posé pas mal de questions. "hum hum hum, c'est bizarre quand meme qu'elle veuille venir dormir chez nous", "hum hum hum, c'est bizarre quand meme comment elle nous mange des yeux tous les deux", "hum hum hum, elle a un regard conspiratif, cette petite", "hum hum hum, c'est typiquement le type de situation trop bizarre qui peut vite partir en couilles, avec ce genre de moeufs". Enfin bref. Et puis je m'étais dit que je devais avoir l'esprit mal tourné, que je voyais des trucs comme ça partout (mise devant une situation semblable plus que réelle - mais non tout à fait réalisée en ces termes - il y avait de cela moins de deux semaines). Du coup, je me calme reprends mon souffle et aborde les deux larrons d'un air bien plus serein (que les trois secondes où cette idée s'était clairement esquissée dans ma tête). Enfin bref.
C. vient dormir à la maison. Cela ne se passe pas comme ça. Bref.

On reprend cette discussion ce soir avec Keul et lui de m'avouer la scène sulfureuse de proposition en demi teinte de la demoiselle. Ah! je l'avais pas rêvé! Ah! Ten points pour mon intuition! Ma raison fait forfait. Bref. Encore une histoire à coucher dehors. (enfin, pas tant que ça, certainement, pour beaucoup de gens, mais bon voilà, j'ai quand meme été un peu interloquée devrais-je avouer, et amusée...)

dimanche, janvier 15, 2006

La manière dont je t'ai allumé ta cigarette


Putain de genou - je peux même pas croiser les jambes sans esquisser une grimace. (cf. post "la fine équipe", pour plus de ridicule sur nous en dream team de basket...).

Du coup, j'ai recherché les paroles de Ain't no mountain high enough, parce que quand même j'avais pas tout compris. Bon, je leur rends justice: certes, cucu, mais pourrait-il en être autrement. Et puis, sur ce thème o combien épineux, ce traitement nous change un peu de l'éternel je veux mourir tellement j'ai mal depuis que tu n'es plus là. Ceci dit, pour un traitement comparable d'un thème relativement comparable, je recommande plutôt la version de Cry me a river de Fitzgerald. Bien meilleure - ou plutot différente, pour être précise, mais bon je préfère. Ironique à souhait - mais encore douloureuse. Ici, c'est que du bonheur. Un mars et ça repart. Merci Nestlé pour les proverbes contemporains.

(le "du coup" introductif du paragraphe précédent n'avait bien entendu pas l'ambition de tracer une quelconque cohérence avec le premier paragraphe)

Je vais dormir tôt, ce soir. Quelques derniers mots, et une dernière cigarette (je viens de fumer la dernière - mais il s'agissait d'un imposteur - une cigarette ambitieuse, qui voulait être la première alors qu'elle ne devait jouer que l'ingrat rôle de l'avant-dernière - celle qui ne vous satisfait jamais), et je m'en vais. Je vais en profiter pour achever le polar allemand que j'ai commencé récemment. Nul à chier. Je suis confuse de ce jaillissement de vulgarité, mais on appelle ça des "effets de réalité", en politique publique. En gros, c'est quand on a le droit, scientifiquement, de dire ce qu'on pense tout bas, parce que quand même, y a des fois, faut pas déconner. Oui, oui, des fois, on a le droit. C'est d'ailleurs un des rares cas où une sortie du sentier est tolérée - et légitime - bordel de merde!
Café turc, de Jakob Arjouni. C'est nul, punaise. D'habitude, je remarque tout. Je veux dire, je me souviens des petits détails, qui reviennent plus tard, style référence et tout et tout. Bref. Ben là j'ai oublié entre temps le nom du criminel assassin. C'est pour dire que je m'en contrebas. Ah! Non mais c'est vrai. Non, en fait, c'est pas forcément désagréable, mais juste, on n'en a rien à faire. Voilà tout. Le détective privé a un nom ridicule et l'est tout autant, pétri des stéréotypes sur les détectives privés. D'habitude aussi, je trouve un certain charme au réconfort du recours aux stéréotypes ou aux répétitions. Mais là! My godness. Je ne dirais que ça. C'est plat, plus plat tu meurs ou tu vis aux Pays Bas.

Bref, je suis pas fan.

Mais le prochain, le prochain sur ma liste - Matto regiert de Glauser, celui-ci me dit tout qui vaille. J'ai commencé de le lire, mais chaque chose en son temps. Un flic type flicaille pourrie, d'un canton suisse tout aussi pourri, qui se trouve appelé par un psychiatre pour résoudre deux mystérieuses disparitions dans son HP. Pas mal du tout. Le psy est fou et tente d'entrainer le flic dans une peur bleue à mesure qu'il le conduit là-bas, style, vous verrez, là bas, la frontière entre la normalité et ce qui ne l'est pas devient caduque, ... chez nous, Matto règne. Et nous de nous prendre au jeu, my godness, j'ai un peu peur, et surtout, envie de continuer - mais est-ce aussi simple? Non, pas du tout, parce que le flic, ben il est pas aussi con que nous, alors lui, il en a rien à foutre, de ces conneries. Lui, il veut résoudre cette affaire de merde. Il penche même pour la thèse selon laquelle le directeur, disparu, serait plutot en escapade adultère. Rien à battre, aucun gout du mystérieux. Un truc de barrés de la tête, où qu'il s'est retrouvé. Alors c'est pas ça qui va lui faire perdre son temps. Ceci dit, je crois que par la suite, il perd un peu de sa superbe - insolence désintéressée.

(Bon, je roule ma dernière)

J'écris beaucoup, ce soir, punaise.

Désolée, presque.

Y a Sandra qui est prise à Reuters - desk international boulevard Haussman - pour un mois. Super préparation pour avril. Et puis! elle est payée en livres sterling! Ca me fait bien rire. Je suis super contente pour la petite louloute - et puis fièèèèèère! - ah! - sourire.

(la chanson tourne toujours en boucle)

Et puis, et puis, sinon, un ami m'a offert un livre. Que je vais lire après le Glauser. Et puis, des petites envies personnelles, mais ceci, je n'en parlerai pas...

C'est joli - mais un peu bizarre, quand même - de dire "te rendre libre" pour dire "te quitter". J'ignore si cela recouvre exactement le même sens, en anglais, style, expression qui a perdu son sens originel, ou bien si oui, cette différence de formulation recouvre quelque intention.

Just call my name, i'll be there in a hurry.

Remember the day i set you free, i told you you could always count on me.

Et bien! En voilà, des gens heureux! C'est bien. Ca fait plaisir. Je veux dire - la dernière chanson sur laquelle j'ai scotché, c'était Je suis malade. C'est un autre registre, bien entendu.
C'est comme un jour que j'allais pas trop bien et qu'il pleuvait à Berlin. Et bien j'ai mis Your Song, de Billy Paul. Ben l'effet fut immédiat. Je regrette peut-être d'être aussi manipulable, friable à la musique qui m'entoure, mais c'est ainsi (ceci dit, ce constat est à nuancer dans la mesure où quand je ne vais pas bien, mes chansons me reflètent, ce qui n'arrange rien, bien entendu, mais s'agit-il toujours de tout arranger). Et oui, Billy Paul, celle-ci, et hop, c'est reparti. Obligé, je veux dire. Tu peux pas faire autrement. Cette petite chanson ridic est trop drôle. Je viens de la mettre, pour voir - bon, ben elle me fait moins d'effet. Mais voilà. Dans l'idée, c'est ça.

... il fait semblant de se taire, murmure, faussement timide, on sent déjà le lion prêt à bondir - il bondit! et dit : how wonderful it is.... when you're in the world, world wooooorld, wo-o-o-o-orld! et voilà. C'est fait.

J'ai déjà des courbatures, de cet après-midi. Ah, c'est horrible. Je suis un tas de graisse sur des os. J'ai plus de muscles. Je commence à manquer de pas mal de choses, si on compte les poumons aussi. Bref, je suis pitoyable! J'ai couru un peu pendant une demi heure et je peux plus marcher sans avoir l'air d'avoir participé activement à la guerre du vietnam.

I hope you don't mind, what i wrote down in words!

J'ai presque encore envie d'une autre, mais non, là, il est trop tard. Ah si! il faut bien que j'écoute encore une fois Ain't etc! je peux pas la laisser comme ça, couche froide, délaissée au profit de l'autre bout de gras de billy paul! et comment l'écouter pleinement, sans l'accompagner d'une cigarette!

Bon, c'est fait - roulé, allumé.

Du coup, je pense à une autre chanson dont j'aime beaucoup une phrase:

the way the trees and falling rain
remind me in a way

the way you were
the day we met
the way i lit your cigarette

Tout ça sur une petite envolée style toute légère et prenante.
Je dois dire que je l'aime beaucoup, ce passage. A croire que je m'en fais une référence, parfois. Catherine, arrête de tout toujours... Bref.

Cette fois-ci je m'accroche, c'est la bonne. Ils ont beau vouloir m'emmener encore plus loin, non, cette fois-ci, c'est mon lit, que je dois aller rejoindre. La vie n'a qu'à se mettre entre parenthèses, cela ne fait de mal à personne de dormir. Surtout que ces deux derniers jours, j'ai du cumuler en tout et pour tout 9 heures de sommeil. Pas top, pour perdre cet air de chien battu que sandra a la décence de ne pas me trouver - mais quand je vois comment elle se trouve l'air malade quand elle n'est restée que quelques jours un peu enfermée ( et surtout que moi je la trouve pas du tout malade ou palichonne ou quoi), ben je me dis que mon miroir doit être vachement plus indulgent que le sien. Pas top, non plus, ça, tiens. Ou si, peut-être. Bref.
Trève de parade grosse comme des maisons pour ne pas y aller. J'y vais. Je suis déjà partie. J'y suis, déjà. Si, si. Je vous assure.



Ain't no mountain high enough - ceci est une publicité gratuite


Bon, alors c'est juste pour dire que j'ai découverte une chanson - Ain't no mountain high enough.

Je la connaissais biensûr auparavant. Mais pas comme ça - je ne l'aimais pas trop. Et je ne sais pas pourquoi, aujourd'hui, je l'ai entendue différemment. A savoir que j'ai réussi à faire abstraction de tous les refrains - qui entonnent stupidement le titre. Le refrain, je ne l'aime pas du tout. Mais le début (les 27 premières secondes), et puis quelques autres moments sont tout simplement charmants. Oui, un peu charmant charmeur, très sensuel, en tous cas, toujours dans l'attente, dans la mélodie descendante, le petit tac tac tac qui frissonne, au loin, la petite douleur, juste assez pour faire naître un regard très fort (dans mon idée en tous cas...), dans la voix, les tempes qui se crispent. Et la machoire, aussi. Et puis, aussi, pas que les graves, aussi l'emmènement. Un peu d'ivresse dans la voix, comme du vent dans les yeux (c'est bien pire que dans les cheveux, quoiqu'un peu handicapant pour regarder devant soi sans pleurer sa mère), du "youhou! c'est de la balle", je le pense mais je peux pas le dire parce que les muscles de mon thorax se contractent et m'empêchent tout mouvement autre que celui de signifier mon interdiction par une agitation fébrile des mains dans l'air. C'est bien simple, je me convulse sur ma chaise (une version plus flatteuse eut été de dire que je danse), à mesure qu'ils entonnent leurs sérénades assis dans leur cadillac sur la route 666, ou debout, marchant dans la rue, un casque à musique sur les oreilles et des voitures qui pestent de leur impertinence - encore un qui cherche à se faire écraser. Ceci n'empêche que je n'aime pas le refrain. Mais bon - j'écoute à l'instant les paroles - rien de renversant, certes - mais bon.

Du coup, voilà, c'était mon "un livre un jour" à moi. Pas très original, mais revenons aux classiques, parfois.



La fine équipe


Bon, un week end chargé. Un dimanche, surtout.


Ce matin, aux aurores, alors que le sol était encore gelé, tournage de notre petit court métrage tout petit tout petit, à l'arrache, c'était très drôle. Première scène, un sprint, la caméra en face - punaise j'ai couru comme un éléphant. Je sais plus courir, je crois. Et puis, mes poumons! J'ai remarqué avec étonnement que je n'en possédais plus aucun, manifestement. Et puis, les scènes de duel, n'importe quoi, la banane en guise de pistolet, caché derrière mon manteau, dans mon dos, coincé dans mon pantalon - comme les vrais...

Et puis, et puis, le repas chez Emilie, une copine ex-squatteuse (chez nous, rien à voir avec quelque mouvement de logement alternatif - à quoi?). Pas mal du tout. En réalité, j'ai été touchée de l'attention qu'elle a manifestement portée à la préparation de ce repas. Différentes tartes salées, du champagne, du vin. Bref. Très sympathique. Je dis ça parce qu'il faut reconnaître que sa sortie de notre kommunalka fut bien plus discrète et tristounette que son arrivée - et oui, encore une sombre victime de notre sombre séducteur... Alors pour cette raison, il était bien que nous nous revoyions, hors contexte, peau neuve, en quelque sorte, les soucis et les pleurs derrière nous.

Et puis, et puis, le basket!!! Je n'avais pas touché de ballon depuis... neuf ans. Et là, hop, ni une ni deux, Brice, Ramsès et moi passons à l'appart et filons de suite sur le terrain. Il faisait déjà presque nuit. Au bout de dix minutes, nous ne voyions presque plus rien. Les deux autres jeunots qui jouaient sur le même panier nous ont proposé un match. Ca roule ma poule. Et puis un troisième joueur est arrivé, bien plus grand et bien meilleur, qui s'est joint à eux... Là, on a senti notre douleur. Mais trop cool, le type. Bref. La douleur. Les poumons qui manquent à l'appel, comme dit (précédemment, ajouterais-je pour palier à toute remarque concernant cet idiome...). Et puis aussi les coups. Je me suis tout bonnement tué le genou. Je viens au panier, porteuse du ballon, me fait plus ou moins bloquer et bam le genou de profil encastré dans celui de mon protagoniste. Je l'ai senti, mon genou. Ca, pour ce qui relève de "prendre conscience de son corps par le sport", y avait aucun problème. J'ai jamais autant pris conscience de mon genou de ma vie. Promis. (n'est ce pas Diderot qui fait soutenir à Jacques que les douleurs du genou sont les plus terribles du monde? si! si!)
Bref. Mais c'était vraiment génial. J'ai trop envie d'y retourner, assez souvent. Non pas pour la forme ou quoi, mais vraiment parce que c'est marrant... quand on y voit quelque chose.

De retour à la maison. La fine équipe. Non mais sans rire, "on m'a fait beaucoup rire, aujourd'hui". Je veux dire que j'ai beaucoup ri de nous. La fine équipe, je vous assure. Je sais pas pourquoi, mais nous trois, trois paumés, ben ça m'a fait marrer. On avait vraiment l'air de rien. De rien du tout. C'était très drôle de se ballader flanquée de ces deux acolytes. Trois l'air de rien.

De retour à la maison, dix minutes d'étirement (j'ai pas tenu aussi longtemps, en vrai, parce qu'il faut dire ce qui est: les étirements, c'est super relou), et puis la bonne douche. La récompense du combattant. Au diable la chair et la panse! je veux une douche, first of all! Et là, la deuxième récompense du guerrier: le corps fatigué, plein d'une langueur agréable. Enfiler un jean penard et une chemise de coton parce qu'on sent de plein fouet la texture des vetements. Et puis leur fluidité. Bref, c'est agréable. Un thé et une cigarette. Marvin Gaye. Ain't no mountain high enough. Je sais pas. Enfin bref.

Bonne fin de dimanche. Bonne fin de tout, pour le moment. Ou presque, mais bon, je vais pas - toujours - entrer dans les détails. Nous dirons dans un jugement conscient de son caractère tout éphémère que ce soir tout va bien.
Keul ne va pas tarder. Je suppose qu'on l'attend pour manger - mais je n'ai pas faim.

La lune est insolente, à se positionner comme ça, juste en face de moi. Faudrait que je me décide un jour à lui régler son compte. L'insolence se paie toujours. Un jour. Je suppose (c'est bien, j'ai manifesté intégré à bloc les préceptes catholiques pronant la paix sociale - tout se paie, un jour... alors tant qu'à faire, reste tranquille.).

Voilà. On ne peut pas tout avoir. Je sais pas pourquoi je dis ça. Peut-être pour pas trop en attendre de mon lundi.

Voili voilou. Je vous laisse, il faut absolument que j'arrête de manger tout mon temps à fumer des cigarettes devant vous.

Une défense anesthésiée, une attaque dégoûtée, le Belleville United trébuche - à quand la division d'honneur ?


Petites notes introductives relou mais nécessaires... Sur le fait même d'écrire en sachant - ou non - qui lit. Qui lit. J'ai ce soir vendu la mèche au diable - non, trêve d'associations de mots pas très heureuses. J'ai vendu la mèche. Quelqu'un peut lire mon blog - quelqu'un que je pensais pas.


Question, question: l'ai-je fait exprès? Suis-je encore tombée dans ce vice de jouir de la réalité qu'il a lui même engendrée?
Pourquoi l'aurais-je fait exprès? De une, parce que oui, il est ici beaucoup de mots que j'aurais voulu lui dire - même si ce n'aurait pas été ceux-là. Et puis, aussi, encore, par jeu, par jeu, par viens je t'entraine et te force à être là. Et de trois, de trois, fichtre trois: surtout, encore plus, pour que s'ingère ce doute en moi - ce doute cette question - l'ai-je fait exprès - et me tue.

Suis-je donc encore cette personne horrible en mal de reconnaissance par la douleur, en quelque sorte? Si oui, je le suis au plus haut point, parce que voyez-vous, je pousse le vice jusqu'à écrire tout cela alors que la personne en question - source du blog et de mon doute actuel - va justement peut-être lire ce qui ne serait alors qu'une vile parodie de sincérité.


Et bien non. Je le dis haut et fort. Loin de moi la prétention d'affirmer ne jamais avoir voulu lui écrire ou lui dire des choses semblables, pour qu'elle les sache et me voit dans ce tas d'immondices. Mais non, je le dis haut et fort. Tout simplement, parce que je n'y ai pas pensé, alors que je lui demandais. Promis. De deux, de deux, surtout de deux - verdammt! - parce qu' au vu de mes écrits, jamais je n'aurais osé lui faire lire si ce n'est deux lignes de ce blog. J'ai déjà honte devant elle de posséder un blog - alors de là à vouloir m'en faire une fierté. Et puis. Relativement personnel. Et puis à cause d'elle, sur elle, toujours, plus ou moins directement. Elle - comment la décrire - son prénom ou un nom? Pudeur, pudeur, je n'en dirais rien.

Bref. Pour une fois, peut-être la première, je me fais un peu confiance. Non, tu n'as pas voulu jouer, encore. Non, tu n'as pas voulu te donner en spectacle. Non. Allez, s'il vous plait, laissez moi le penser! Sans rire, ...

Du coup, aussi, je refuse d'écrire moins ou différemment parce que cette personne peut lire. Ce blog est ridic, oui, tout à fait, chacun a son exutoire - d'autres dans le silence (les plus fous ou les plus sages), moi dans l'ambiguité d'un carnet journal de prépubaire sur internet - oh combien réconfortante, la routine de s'enfoncer toujours plus ridicule dans nos émois ridicules (je ne m'entends pas avec moi-même sur l'usage de ce dernier adjectif: l'utiliser pour se prévenir de tout, de la raillerie, de la peur, et puis aussi parce que c'est vrai, un peu quand même, et puis d'un autre côté, pas du tout, c'est faux! je proteste, ou plutot, je nuance - non, non, point toujours de demi mesure assassine! je proteste! non, ma douleur est commune, banale, prépubaire, risible ( on peut en rire, un peu), mais non pas ridicule. il serait bien triste de ne même plus se laisser le droit, envers et contre tout, de souffrir. ).
Je disais donc, réconfortante. Et puis en même temps, non, parce que ben voilà, ce sont des écrits des plus personnels sur un support qui ne l'est pas - cruelle provocation, volontaire, serrez ma haire et ma discipline, encore une fois, trip sado maso de narcisse qui se voit être vu en train de pleurer. Je suis horrible. Ma coloc me dit parfois de pas être trop dure. Tant pis. Quand c'est clair comme une lame à peine coulée, pourquoi se taire.
Bref. En voilà pour les notes introductives.


Et le reste?
Le reste, ce fut un vendredi soir totalement surréaliste. Une sorte d'apogée de mon grotesque. A première vue, tout ce qu'il y avait de plus flatteur. Mais à la seconde.... à la seconde, les hommes et les femmes se transforment et font des grimaces et se contortionnent et tentent de me caresser s'agripper à moi, comme avec des ongles au bout de mains géantes et grises. En quelque sorte, oui, ils m'ont saignée et j'ai moi même bu de ce breuvage batard avec eux, trinquons, trinquons, mes compagnons d'avilissement, et que s'en aille la rime et avec elle la pureté, il n'en existe plus. J'exagère un peu, peut-être - non, la soirée n'avait objectivement rien à voir avec une nuit en enfer. Mais tout de même, beaucoup de ressemblances. L'apogée de mon grotesque. J'espère que j'en ai eu assez.
Et si j'ai finalement dormi presque seule, je garde pourtant de cette soirée quelques bleus aux bras et quelques douleurs sur le flanc.

Le jeu et la chandelle, le jeu et la chandelle, le jeu - si c'est n'est la chandelle.


Non, mais sans rire. Je suis sérieuse, là. Super expérience (ironie). Maintenant, j'espère avoir la force de fuir les excès - que m'apportent-ils, si ce n'est cette putain de fierté, assurance à deux balles, moi aussi je peux plaire. Rien.
Le plus horrible. Au début de la soirée, style, un type un peu plus vieux (45 environ, parce que les autres ont entre 34 et 40, en gros) qui ose dire à un pote à lui qu'il me trouve fade - petite provocation d'un blasé face à ces quatre types qui se confondaient en cavalcades ridicules. Forcément, c'est avec lui que je m'entends bien. J'avais l'impression de m'être faite pote avec le sage papi du groupe. Très bien. Quelqu'un d'a priori très intelligent et drôle. D'ailleurs, tout a commencé parce que je viens pour lui dire que je suis heureuse que quelqu'un m'ait enfin découverte. Partir sur des bases saines. Et puis moins fatigantes. On n'est pas obligée d'être soit en extension physique terrible pour se faire plus grande soit en masque sanguinolant pour être encore plus horrible qu'on est.
Mais non, mais non. Il faut toujours que le plateau se renverse. A la fin, moi de le voir presque mendier pour passer la nuit avec moi. Va te faire foutre.

Oui, une drole de soirée. Ceci dit, très bien sous d'autres aspects. Que je tairais, si vous ne m'en voulez pas.

Et puis, et puis, samedi. Samedi petit trip se faire un film - faisons n'importe quoi, n'importe quoi de cette pellicule et puis de notre temps - je suis fatiguée, mes yeux se ferment et mon corps s'est stabilisé autour des 32 degrés. J'ai froid. Et puis un cinéma - la mafia chinoise dans ma gueule, que je me suis prise. Pourquoi pas.
Ca faisait depuis longtemps, en quelque sorte, déjà. Surtout, surtout, ne pas trop se montrer, ne pas trop en donner pour ne pas qu'il nous en manque, du courage, plus tard, rien qu'un tout petit peu plus tard. Alors on parle un peu pour du faux mais c'est normal - et peut-être suis-je encore en tort d'estimer que nous avons parlé pour du faux. Peut-être ne parlerons-nous plus qu'ainsi, désormais. Je ne sais pas. Peut-être ai-je tort, aussi, d'assigner perpétuellement des valeur éternelles aux choses - comment puis-je encore m'étonner de la douleur ressentie alors d'un éventuel - non - fatal (dans le sens, que... forcément) changement. Il faudrait que je grandisse, certainement. Alors je dirais: pour le moment, ... mais peut-être, ou peut-être pas, un jour aurons-nous autre chose dans la bouche que ces mots que je ne disais meme pas, tant

Bref. Non, mais loin de moi aussi l'idée de dire que nous n'avons rien dit ou quoi. non. Le calcul. J'ai bien aimé me souvenir qu'on tentait de calculer. Bref.

Bon, ce soir ressemble bien plus à une mise à plat et à un récit dénué d'intérêt qu'à... quoi que ce soit d'autre.

J'ai écrit beaucoup, beaucoup, je sais, on doit pas s'en excuser mais bon là l'humilité est de rigueur. Alors je ne regrette pas, mais je compatis.

Bonne nuit.


jeudi, janvier 12, 2006

Blocus pocus

Ah que les douleurs de l'âme sont douces, en comparaison à celles du corps!

Je ris jaune, bien entendu - je ris jaune. Mais.

Je devrais rire, rire, pour ne plus y penser - mais je ne peux pas, mon dos me contraint à la plus grande immobilité - ce qui n'est pas pour faciliter l'adoption d'une activité rédemptrice. Mais le serait-elle.

Je suis toute bloquée. Rien de grave. Limite, j'aurais du m'y attendre. Oui mais voilà, je présume toujours de mes forces. Mon corps refuse. Il dit d'un coup d'un seul non. Mes muscles ne veulent plus s'activer. Ils me répondent à peine. Et pour signifier leur désaccord, me font serrer les dents.
Salauds. Si seulement je les tenais.

Bon, je vais regarder un film. Endlich. Oui, même pour ça, faut que je me prenne en main. Parce que sinon, je resterais des heures à fumer des centaines de cigarettes et à siroter de la vodka à tenter vainement d'écrire.
Alors des fois, il faut savoir trancher - dans le vif, qui sait, dans le vif, peut-être.
Bonne nuit.

PS: il faut bien de la sincérité à la douleur pour qu'elle ne soit pas flattée secrètement d'être en spectacle (comme dirait l'autre)
...

Elucubracion, en espagnol.

Parvenir à voir quand il fait nuit,
enfin, sur la ville,
pour avoir le temps de se leurrer,
dans son reflet,
miroir, miroir,
renvoie moi mon image
en pleine figure
que je me reconnaisse enfin -
sous mon toit mon bourreau.

Parvenir à voir quand il fait nuit - noire
la ville, noir mon coeur,
et cette langueur, qui me saisit insidieusement,
n'y est pour rien -
je dois tout à mon malheur

Parvenir à voir quand il fait nuit
le soleil ne se lève plus
depuis des jours déjà
il est trop tard il est trop tard
je vois l'obscurité, sans espoir -
de m'y retrouver.


Ceci n'est pas une histoire d'amour. Il est mort, enseveli, est assis à la droite de dieu le père tout puissant d'où il viendra juger les vivants et les morts.



Laisser tomber
l'insatiable rêve - fou !
du bonheur


L'amour fou
pour ne plus y croire
j'ai du tomber
dans une flaque se mirer
le squelette


J'ai voulu manger, manger jusqu'à vomir
mais c'est l'autre qui l'a fait
me rendre mes preuves d'amour
les seules que j'avais
données un soir d'ivresse.


mercredi, janvier 11, 2006

Le calme

Ma connexion est pourrie. Je n'écrirai rien de bon ce soir alors que je souhaitais dormir, depuis longtemps, déjà.

Juste deux mots.

Plus sereine, en quelque sorte. comme si j'avais besoin de l'écrire ici pour m'en souvenir, au cas où, si ça devait changer... mais en vrai je pense pas que ça passera. J'ai comme qui dirait compris je crois beaucoup de choses. Sur ce que j'ai vécu dernièrement et sur moi en général. Alors là je fais une pause, parce qu'on ne s'en remet pas aussi facilement, de ces coups de conscience, lucides et acérés, dans le ventre. Parce que c'est bien du ventre dont il s'agit.

Je fais une pause, je me calme, non pas pour prendre mon souffle, pas encore, mais plutot pour sentir que je l'avais perdu. J'avais les pieds un bon mètre sous terre et je les ai encore - mais au moins, je sais. Alors tout doucement, je vais les dépatouiller de là pour pouvoir marcher, à nouveau. Et pour cela j'ai besoin de calme.
De calme. J'ai un peu fait le vide dans ma vie, ça y est. La réclusion volontaire. La pénitence, comme m'a fait remarquer quelqu'un le sourire aux lèvres - ironique. C'est certainement un peu ça, oui. Ne plus gesticuler, ne plus rire aux éclats ni pleurer. Un peu de calme, s'il-vous-plait.

Je ne sais pas si cela va durer longtemps ni même si cela est la bonne solution - mais en existe-t-il. Juste, j'ai l'intime conviction que cela est bon. Et que je n'ai du reste pas d'autre choix. Je suis fatiguée, un peu. Plus la fatigue qui creuse les joues et y fait tomber les yeux exsangues. La fatigue comme quand on vient de fournir un effort physique incroyable, presqu'inhumain, nous semble-t-il parfois. Une fatigue de lessivage. Une fatigue qui fait sourire un tout petit peu. Je veux prendre un bain pendant des jours et des jours et ne pas parler. Je peux écouter, mais je ne vais plus parler, promis. Je veux rester au chaud et ne pas devoir trop affronter les autres. Je veux rester à la maison et rester calme.

Je ne sais pas si. Je ne sais rien du tout. Mais je n'en ai plus peur, de ce vide qui emplit ma pièce quand j'y suis. Alors à moi la vie calme. Je vais dormir, dormir, dormir, et peut-être qu'après j'aurai de nouveau des forces.
En attendant, bonne nuit.


mercredi, janvier 04, 2006

Le pont


Apprendre que l'autre n'est pas mort,
l'apprendre, par l'entremise d'un mot volé, échappé du baillement d'une porte - pas n'importe laquelle, celle qui donne sur le pont, le pont, celui qu'on ne sait toujours pas si on aurait voulu le voir sauter.

Je tombe, je tombe, d'un coup, six pieds sous terre, à entendre cette nouvelle, pourtant tant recherchée. Paradoxe: vouloir ne rien savoir et puis tout en même temps, tout - sa vie, sa vie, sa vie, sa vie.

Et puis non, cela n'est pas tenable.

C'était ma seule et unique hypothèse - la seule, à me faire tenir debout encore. L'autre est mort, l'autre est mort. L'autre ne vit plus, plus de vie, plus de joie, plus de tristesse, non plus. Plus de vie.

Car sinon comment supporter. Car sinon, comment supporter.

L'autre doit être mort. Parce que sinon, comment en faire le deuil - seule solution entre toute pour supporter l'infinie absence.

Comment apaiser la souffrance, sinon. Comment. Sinon que par ce rituel - le sourire timide, les yeux épars, parfois, vêtue de noir, j'allais mon chemin, en me disant que j'avais eu la chance, déjà d'avoir connu tout cela.
Aller son chemin, aller son chemin, reparler, parfois, de l'être aimé, encore, certainement, mais absent, absent. Aller son chemin, et ne plus vouloir en parler, non pas pour oublier, mais pour ne pas les user, à force de les répéter, les mots, ces mots qui nous attachent, tous deux, les mots et puis les derniers souvenirs - que les meilleurs, que les meilleurs, juste ceux pour dresser un autel, lucidement naïf, pour dire qu'on va vivre, malgré tout.
Se faire un deuil pour ne rien salir, pour ne rien devoir salir, pour ne pas devoir lui en vouloir - parce que sans le deuil, comment continuer de vivre sans salir, de vivre sans lui en vouloir, de ne plus être là.

Se construire un deuil comme un placébo à la réalité - non, non, l'autre n'est pas mort.

Insolence! Insolence!

J'ai réussi, aujourd'hui, à mettre en mots toute mon horreur passée - tout le mal que j'ai fait, saleté de croisée que je me croyais, sur des terres qu'il me fallait christianiser.
J'ai réussi, aujourd'hui, à me rendre compte de tout cela, et un grand dégoût s'est emparé de moi, un sorte de froid vide. Tout ce qui suit n'est qu'une pâle copie des mots qui m'ont traversé l'esprit.
J'ai voulu l'enfermer dans une terre que je m'efforçais de rendre aride. Je ne la connaissais pas. Je ne la connaitrai jamais. Je ne la connaissais pas, et je croyais que si. Je ne la connaissais pas, et je croyais qu'il eut été mal de ne pas la connaitre. Alors que. Alors qu'en réalité, elle a tenté de m'emmener vers ces terres inconnues où nous étions toutes deux, fragiles. Et moi j'ai voulu mettre des mots sur tout. J'ai voulu assigner une direction à ce qui était - oh mon dieu - une incroyable exploration. J'ai voulu, j'ai voulu, et je n'ai pas entendu - les voix au dehors, qui criaient de sortir venir voir.

Je suis triste, ce soir.

mardi, janvier 03, 2006

Don't come knocking at my door

... et tu le fais quand même.

Je t'avais pourtant demandé de me laisser tranquille, un peu. Et toi, malgré mes gesticulations - non, laisse moi je suis horrible et puis pas prête et puis j'ai pas envie - et bien tu me prends quand même la main. Alors comment faire, comment faire, je te le demande, comment faire. Tu ne veux pas me laisser de choix - et tu as certainement raison, au fond. Mais le fond je veux m'en fiche, tu comprends - pas? Moi j'ai envie d'être un peu toute seule, dans ma chambre.

Mais non, tu comprends pas. Et je souris de ta stupidité - incompréhension. Pas méchamment, non, pas méchamment. Du tout. Au contraire. Malgré moi, un peu - et c'est bien cela qui m'énerve - je suis touchée par tant d'obstination.

Alors comment faire, dis moi comment faire. Je crois - je suis prête à obéir, en fermant les yeux, si tu me dis quoi faire et si tu ne me laches pas la main, parce que si tu la laches, saches que je m'empresserai de courir, courir, les yeux bandés, certainement, encore, très loin.

Mais même cela, sache aussi que je ne suis pas en mesure de te le donner - cette soumission. Il va te falloir me chercher, à coups de coups de poings sur la table et de railleries sur l'attention toute inopportune que je prête à mon petit moi et à mes états d'âme. Il va te falloir me chercher, à coups de preuves de bienveillance et d'impatience. Parce que chez moi, le temps n'arrange rien, il ne polit pas les blessures et ne rend pas plus calme l'eau qui dort au lieu de passer sous les ponts. Alors je hais la patience, je la hais, parce que jamais rien de bon n'est sortie de l'attente, jamais, jamais rien que des déceptions - les réalités des craintes que l'on s'interdisait de nourrir.

Alors tu as raison de ne pas vouloir attendre. Parce qu'attendre c'est se perdre. Moi je n'ai jamais attendu qu'une seule personne. Et j'avais tort.
Refuse l'attente et tout le mal que je ne saurais manquer de vouloir te faire. Comprends moi par delà les mots et ris de ce que tu y vois - parce qu'il n'y a définitivement pas d'autre posture à adopter.

lundi, janvier 02, 2006

Prendre le train, ceux qui

Trois petits tours et puis s'en va,
et la marche des petites occupations à la queue leu leu,
qui prend la grande voie, rapide, qui sent le bouchon,
à plein nez.

Où débutes-tu et où moi je finis?

n'y a-t-il donc qu'un seul chemin? dois-je venir te chercher? le veux-tu, seulement? le puis-je?

why must i be the thief?

je suis malade.

taedium vitae ta mère.

la nuit obscure.


....

Là, à cinquante mètres de distance environ, je vois la télé de mon voisin d'en face. Punaise. S'il devient pas épileptique avec des programmes comme ça.

I might be wrong.

Tant qu'il y a de la bouffe chez moi, je mange.

J'ai reçu une bible à noël. traduction oecuménique version intégrale. manque plus que le dolby surround.

Je porte un pull avec un trou à l'aisselle. je m'en fiche, ça se voit pas.

j'ai ramené des chemises et des cravates pour mon coloc. je sais pas si ça lui fait vraiment plaisir. parce que bon quand meme ça reste des chemises et des cravates.

Why must i be the thief. why must i be the thief. why must i be the thief. why must i be the thief. why must i be the thief. why must i be the thief. why must i be the thief. why must i be the th

i am the thief.