mardi, mai 30, 2006

Hémon est mort - vive Hémon

Bon alors c'est parto. Marre de l'indécision - non c'est faux ! - si c'est vrai - non c'est faux, c'est l'indécision, qui est belle ! - ta gueule pas du tout, t'es trop con petite orgueilleuse de merde.
Voilà, en gros, le monologue que je me tiens toute seule, toute seule dans ma chambre ou toute seule dans le métro - grimace ou hochement de tête qui vont avec. Je me retrouve un peu à tenir les rôles d'Antigone et de Créon confondus, en ce moment. Attention, loin de moi l'idée de faire une comparaison parfaite. Style tragédie et tout et tout. Non. D'autant moins que je me situe ces jours du côté de Créon - et oui, le con. Mais bon, faut bien, comme il le dirait, s'il était là. Non mais c'est vrai, je vous renvoie aux pages 92 et suivantes de l'Antigone d'Anouilh - livre que j'avais beaucoup aimé, puis critiqué, sous l'effet d'une hypokhâgne bien pesée - et légitime, dans sa critique, la prof, Pommier, très très intelligente. Bref, j'avais décidé qu'il était préférable de ne plus l'aimer, tant la critique trouvait prise sur ce dos par trop exposé. Et puis un jour, quelqu'un qui m'est cher, qui me dit: "malgré tout, c'est le seul livre qui m'ait fait pleurer". Oui. C'est vrai, qu'il vous arrache des larmes, ce livre. Alors, un an après cette remarque anodine - dont la personne en question ne se souviendrait plus ou même, se dédirait, peut-être - et bien, un après, j'ai décidé de le relire. Je suis peut-être meilleure public, maintenant que je suis sortie du circuit, mais oui, j'aime bien. Oui, il m'arrache des larmes qui restent coincées dans la gorge tellement elle est serrée. Page 92, par exemple. Ou même avant, quand elle demande à Hémon s'il l'aime comme une femme, elle qui ne ressemble à aucune d'entre elles, s'il ne regrette pas de l'avoir choisie, elle, la petite laide plate sans couleur si froufrou à sa robe. Et elle lui dit qu'elle aurait été fière. Bref. Bref, bref, bref. Tout ça pour dire que oui.
Toujours est-il que je me poste en Créon, ces jours-ci. Je sais haïr cette posture - qui ne la haïrait pas, du reste, cette posture de pragmatique, cette posture de tue-l'amour tue-l'espoir tue la lueur d'un amour envolé un matin chantant si calmement.
Mais je suis Créon, celui qui refuse, par nécessité, de dire non. A tort ou à raison, ça, chacun a sa réponse et personne ne saura jamais. Mais oui, Créon. J'ai l'impression d'avoir passé ces derniers mois à vouloir dire non, comme elle. A un moment c'est drôle parce qu'elle est vraiment gamine - et en même temps "si" exemplaire de cette exigence de perfection tuée dès lors qu'on la nomme - et dit: je veux tout tout de suite ou je dis non. Et moi, j'ai voulu dire non, un peu comme elle mais sans mourir physiquement, j'ai voulu dire non à des choses que j'avais estampillées comme mauvaises parce qu'issues d'un compromis avec les aléas absurdes de la vie et puis des allées et venues qu'on ne contrôle pas.
Maintenant je me dis que c'est moi qui ai été dans l'erreur. Quelle erreur d'avoir pu penser d'emblée que ces choses je les maitrisais et qu'elles n'étaient "que" le compromis avec la déception vivante. Pas du tout.
Enfin... bien entendu, il s'agit d'une compromission, dans la mesure ou j'ai accepté de donner leur chance à des choses que je ne croyais pas être la révélation. Comme Antigone qui aurait accepté de tenter d'être heureuse malgré tout avec Hémon. Donc oui, c'est une compromission. Mais tant pis. J'ai décidé, ces jours, de tenter. Me salir les mains - pas juste pour oublier, au contraire - pour tenter de voir si moi j'étais capable de rendre un peu joli ce que je décrie tant - ce dont j'ai si peur - la patience et donc par la même l'optimisme, donc, le temps. Oui. C'est le temps, le point nodal. Je me rends compte que je n'ai JAMAIS réussi à m'envisager sur du long terme - plus d'une semaine. Non, j'exagère - mais j'ai pas envie de parler des fois qui me font dire que j'exagère. En gros, juste, je tente d'accepter le temps qui passe et les conséquences de ce facteur temps sur ... un peu tout dans la vie : les personnes qui nous sont le plus proches, celles qui le sont un tout petit moins, le boulot, les envies de boulot... Bref.
J'ai beaucoup écrit, pardon. Je m'emporte un peu, mais c'est parce que des choses se clarifient un peu - pas trop pas tout le temps, mais un peu.
Conférence aujourd'hui de Raffarin avec les étudiants du MPA. Marrant, mais bon. Des contradictions assez étonnantes, mais non, pas tant que ça - un faux pragmatisme, une fausse clairvoyante du praticien qui croit s'être affranchi des contradictions inhérentes à la démocratie. Le même qui vous prône un dépassement du clivage gauche/droite en faveur d'un humanisme du 21e siecle, qui vous dit que c'est la théatralisation d'une réforme qui fait son échec, qui vous dit que le non au référendum pour la constitution européenne, il en est déçu mais le comprend, qui vous dit que quand même la commission elle est pas très arrangeante - en gros, le même qui prône une dépolitisation (dans le sens clivage gauche/droite) et en même temps qui dit que la dépolitisation attire les foudres des gens qui en ont marre de pas savoir exactement ce que fait la politique. Alors, quelle solution?
C'est pas moi qui la trouverai. Alors j'abdique tout de suite. Rien ne sert de courir... et je suis partie carrément à la bourre. Expres, en plus.
EN PLUS, il a dit que les problemes en ce moment, c'était dans une filiale d'Airbus. N'importe quoi, c'est une filiale d'EADS!!!
Bref, je chipote, mais enfin, c'est... important ( je toussote).
Bonne soirée.

lundi, mai 22, 2006

Tout est parti d'un

malentendu.

Je m'explique. Volver, pour moi, ça sonnait comme... je ne sais pas, mais si je devais dire quelque chose quand même, eh bien ce serait revolver.

Or pas du tout. J'ai appris, à mes dépens, que volver, c'est revenir, en espagnol. Une chanson sur les illusions perdues qu'on retrouve juste le temps d'une chanson à vous faire pleurer une assistance - mais ça, est-ce un prodige? ne sont-ils pas venus pour cela? - et une mère comme un cadavre dans le placard croupie sur le siège arrière d'une voiture, rouge, garée à bien cinquante mètres de cette terrasse où chante Raimunda.

Je viens de rentrer du ciné. C'était pas mal.
Mais la salle était bondée.

PS: j'ai fait ce soir une super tarte brocolis-thon-fromage de chèvre. Sans avoir une forme étincelante, j'avais pas mal d'énergie à revendre, aujourd'hui.

dimanche, mai 21, 2006

Affolante

Alors... Ben aujourd'hui, j'ai fini Le feu follet, de Drieu La Rochelle. Absolument terrible. Je sais, je sais, son auteur ne compte pas parmi les gens a priori recommandables - recommandés? - mais peu importe. Livre à lire - absolument. Ca parle de solitude, d'un mot qu'on voudrait trouver juste, pour une fois, de pics de solitude dans le ventre et puis de stupidité - de manière très intelligente - me semble-t-il, tout du moins. Il m'a arraché des larmes presque aux yeux, un ventre contracté et puis un barrage dans la gorge, cet attachant hurluberlu ordinaire.

jeudi, mai 18, 2006

You really got me

Le vide ! ... Mais le frigo plein. C'est ma période "je fais les courses", en ce moment. J'achète plein de trucs. Style de la sauce au soja, du sirop à la grenadine, de la tisane nuit calme - plus tout le nécessaire.

Bref. Je me remplis le frigo - le potentiel bide, bide bide bide. Manger tout avaler ne plus rien laisser dévorons ce qu'on peut dévorer.

Ce soir, ça va être culturel, je me préviens. Se mettre la tête - de manière tout à fait gratuite, ça ne fait pas de mal - et puis soit ciné soit concert de jazz soit musée. Je ne sais pas encore.

Pour le moment, à mon bureau, Pascal Comelade assez fort dans les oreilles ( en vrai, dans tout l'appartement ) , des cigarettes qui s'enchaînent. Quelle musique du bonheur ! Je redécouvre, parce qu'en réalité, je gardais le souvenir d'autres chansons de lui - bien plus désespérées. Et là, vram boum clac ! Du bonheur qui s'instille dans l'air - que je respire nécessairement, je n'ai pas le choix, avouons le - du coup, un peu changement de mood - la situation ne serait-elle pas aussi désespérée? Je ne sais mais me permets de remettre cette question à plus tard - quand quelque chanson me poussera au bord du gouffre sonore.

Bon, c'est décidé, on va au concert avec Brice. Coolos ma poule.

Certes, toutes les chansons ne sont pas "aussi" inspiratrices de bonheur. Mais peu importe.

Je ne sais pas quoi penser de mon (mes) comportement(s). Je crois être une sale égoïste. Pas exprès, mais de fait. Parce que rien ne fait le lien entre les autres et mon envie à un moment donné de tout casser. Mais je l'ai déjà dit - et je tente d'éviter les répétitions, style oblige, alors je me tairai.

Le trombone comme un éléphant très puissant qui parle. J'aime bien. (ça, c'est Texier, mosaic man 2, n°10)

J'ai vu la finale de la ligue des champions, hier soir ! Trop bien ! J'étais pour Arsenal, parce que j'aime bien la philosophie de l'entraîneur: prendre des ptits jeunes. Du coup, c'est un peu l'outsider - à ce que j'ai compris - face à une équipe de star... Bref. Mais ils ont perdu. J'étais un peu dégoûtée. Par contre ! Trop bien, d'aller voir un match dans un bar de quartier. Avec K, on était au bar "le télégraphe". Avec trop de types du quartier trop drôles. A crier comme des pêcheurs bretons. Ou des vendeurs de tapis. Ou... des courtiers en bourse, peut-être.

Substitute, des The Who.

Bon, il faut que j'arrête. J'arrête.

mercredi, mai 17, 2006

Ce sont les cordonniers, les mieux chaussés

Demain. Partir tôt. La 11, puis la 1, jusqu'à la défense, puis marcher, puis parler et écrire, puis s'en retourner, reprendre la 1, mais en sens inverse, cette fois, puis la 4, aller à l'école, sortir du bâtiment et marcher vers l'autre, pour un autre cours, puis partir, aller chercher la petite filoute à l'école, prendre la 4, dans le sens inverse aussi, et puis marcher avec elle jusqu'à sa maison, et puis reprendre la 11, en sens inverse encore, et rentrer chez moi.

Note pour demain: pour les trajets, pas moyen que je me trimbale en talons. Les clarks aux pieds et les talons hauts dans un sac. Tres bien. Même moi, quand je m'imagine être quelqu'un d'autre à côté de moi qui me verrait ainsi chaussée, j'ai envie de me pousser juste pour me voir tomber, tellement honnêtement, même si je marche de mieux en mieux avec ces pompes, on est quand même pas aussi mobile et stable qu'avec une semelle qui fait toucher le sol à toute la longueur de nos plantes de pieds.

Voilà pour les considérations métaphysiques de ce soir.

dimanche, mai 14, 2006

Ubiquité

It takes an active decision to be happy - oui, et des fois, on s'en sent ni la force ni l'envie. Alors on s'accorde, consciemment, une petite pause un petit répit. Pour moi, c'est ce soir - rentrée, il y a quelques minutes de cela, chez moi, seule, à mon bureau. Rien que maintenant. Pas avant ni après. (c'est le deal, parce que si ce moment n'était pas d'emblée circonscrit temporellement et spatialement, je courrais le risque terrible de me sentir... ridicule et faible?) Rien que maintenant, donc. Profitons-en, tant qu'on y est.

Non, même pas. J'y arrive pas. J'y arrive plus, à écrire ici mes trucs qui me passent par la tête - quand c'est pas des trucs rigolo et/ou stupides.

Bon, en plus : je viens de recevoir un coup de fil de B (et K), mes joyeux coloc, qui me font une dédicace d'une soirée - c'est ta musique ! Trop coolos poulos, les mecs. Alors que dire de plus.

samedi, mai 13, 2006

James Cole

Passer d'un illustre compositeur roumain aux Arctic Monkeys. Il y a rien à dire, c'est ... moins bon mais un poil plus entraînant. Et dieu sait qu'il faut savoir se laisser entraîner, parfois - surtout quand le ciel est bas et gris, et menaçant et sombre. Comme aujourd'hui.

Des jours d'apocalypse un peu. L'heure est arrivée, le monde gronde, comme toujours, mais aujourd'hui, on ne l'entend pas, tellement le ciel s'abat et impose son silence. Tout a l'air mort, dehors.

Il va bien falloir que j'y mette un nez aussi, dehors, pour marcher comme après une sorte d'épidémie qui aurait décimé toute la planète - sauf moi?? de quel droit? Non, ce n'est pas très réaliste. Nous dirons donc que c'est juste un décor de film. Belleville toute nue de ses marchands de fruits et légumes, de ses gens qui déambulent, de ses boutiques chinoises qui débordent sur la rue et qui respirent des gens affairés qui parlent une langue que je ne comprends pas. Ce serait tout à fait étonnant.

Mais aujourd'hui et demain, ce sont les portes ouvertes des ateliers d'artistes du quartier. Je voulais y faire un tour, mais l'heure est déjà bien avancée. Après mon rdv ou demain. Nous verrons bien.

Partons de bonne heure - la jetée est là, béante - et les fruits en conserves ne sont pas toujours mauvais - la tour de romainville en point d'horizon - à onze heures, de mon bureau - dévasté par les cigarettes et les papiers à jeter que je veux toujours, pour rien, garder - cette lampe qui ne me sert à rien en journée - ce ciel gris, gris, gris !

mardi, mai 09, 2006

La terra trema

K est toujours pas rentré ! ... ( est-ce que je joue à la maman ou pas? ) Ben c'est vrai quoi ! Mince !

Non mais voilà, lui, il me laisse un message dimanche sur mon répondeur que je n'avais pas consulté depuis vendredi soir pour me demander où je suis parce que quand même il était pas sûr que j'étais à Cherbourg, et lui, alors qu'il dit qu'il rentre lundi, ben il est pas là !

Il est vrai que je me suis quelque peu absentée, ces temps-ci. Couru, de droite à gauche, entre les papiers de mon bureau et la rue saint maur - et puis aussi d'un week-end à l'autre, balançoire d'entre les balançoires, mouvement pendulaire - rotatif ? - de strasbourg à cherbourg.

Ce week end, super festival, donc, de musiques diverses et variées - la terra trema. Super organisation, née d'une volonté latente, entre trois frangins. Et puis vlà que tiens une nana qui veut aussi monter un truc dans les environs de cherbourg, et voilà, le projet naît, prend forme, se dessine - et se couronne de succès - des bénévoles, des groupes de malades et puis une vraiment super chouette ambiance. Trop sympa. Je ne puis que recommander d'aller voir la prochaine édition - l'an prochain, la terre tremblera encore, certainement, du côté des constructeurs de bateaux.

La terre qui tremble, la terre qui tremble.

Non mais c'est vrai. Un peu de mouvement. Se bouger sa sale graisse et puis ses idées reçues et puis aussi sa perception du monde résolument axée sur le rapport de forces - sous toutes ses formes.

Se bouger un peu les fesses, donc, oui, se bouger un peu les fesses.

L'autre jour, après une réunion de merde sur les métiers du conseil - et je pèse mes mots - j'ai vu ce que je peux devenir dans quarante ans. Potentiellement moi dans quarante ans. C'était assez fou. Elle me ressemblait trop. Sauf qu'elle avait un putain d'air renfrogné. Pas forcément malheureuse, mais assez renfrognée - l'air, style un peu parce qu'elle n'avait besoin de personne, style aussi un peu parce qu'elle était résolument solitaire. Je ne sais pas. J'ai eu un peu peur, je crois. Enfin non, parce que je me sentais vachement plus ressembler à cette moeuf qu'à toutes celles que j'avais pu voir à cette putain de réunion de merde - la surenchère sur les adjectifs dépréciatifs est à noter. Alors d'un côté je me suis dit, certes, elle a l'air pas super joy, d'un autre côté, je préfère carrément lui ressembler à elle. Et puis de fait je lui ressemble, la plupart du temps - elle avait les mêmes fringues que moi les trois quarts du temps - un jean, mes clarks, une chemise et puis une sorte de pull pourrave et une veste en lin. Sauf que là, pour la réunion, je m'étais déguisée en sale pouffe de merde. Argh, ce que je me détestée, dans le métro.

Bon, bref, j'ai pas super le temps de développer. Et puis, aussi, de toutes manières, c'est pas non plus super important. Juste, ça m'est venu à l'esprit tout à l'heure. Bref

Bonne nuit.